Commission de concertation : Extraits sonores et revue de presse

A écouter…

Quelques interventions de participant.e.s à la commission de concertation du mercredi 26 avril.

Dans le détail :

Marie-Anne Swartenbroekx, juriste et habitante du quartier Notre-Dame aux Neiges.
Aspects juridiques, pollution autour du piétonnier, spéculation

Isabelle Marchal, habitante du Nouveau Marché aux Grains.
Miniring, pollution, transports en commun, spéculation

Marie Caraj, habitante du quartier Saint Géry
Evénementiel, nuisances sonores

Valérie Berckmans, commerçante rue Van Artevelde
Miniring, accessibilité du centre-ville, difficulté des commerçants

François Belleflamme, avocat des commerçants
Aspects juridiques, mobilité, accessibilité du centre-ville

Hassan Kessas, commerçant de la rue du Midi
Aspect mobilité, accessibilité en ville, compétences, participation, démocratie

André Lhoits, habitant de la rue Antoine Dansaert
Absurdité du projet, aménagement, miniring, accessibilité en transports en commun, interdiction de manifester

Andy Lahou, habitant de Forest et usager du centre-ville
Urbanisme, effets cumulés des travaux, accessibilité et confort des transport en commun, espace public, Horeca, espaces verts, patrimoine.

 

REVUE DE PRESSE

Voici quelques échos de la commission de concertation. Un bon retour, ce qui n’était pas gagné d’avance, vu que la Ville avait très peu communiqué sur l’enquête publique et sur cette commission.

Et ensuite ?

Il ne faut pas s’attendre à des surprises et il est (plus que) probable que dès vendredi, la commission rendra un avis favorable, éventuellement assorti de conditions, comme c’était le cas lors de la demande de permis précédente. Les éléments principaux n’ayant pas fondamentalement changé (absence d’étude d’incidences, rapport d’incidence léger et limité au périmètre du pentagone, pas de concertation) le permis qui en découlera fera certainement l’objet de recours.


Action ?

Dans les semaines qui viennent, une action de blocage du miniring est envisagée, l’idée en avait été lancée lors de la dernière réunion plénière de la Platform.

A suivre…

D’ici là, continuez de diffuser, autour de vous, l’idée que
.
 



Piétonnier du centre : Remettre les boeufs avant la charrue!

A l’heure où le débat s’enflamme, la Platform Pentagone ose encore croire qu’un retour au bon sens et au respect
de la légalité reste possible…

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Dans ce dossier aux allures de saga, les nombreux appels au dialogue et les signaux d’alerte sont, jusqu’ici, restés vains : l’absence d’études d’incidences, pour définir le projet en amont, et celle d’un véritable processus de concertation jugés d’emblée inutiles par la Ville de Bruxelles, lui vaut aujourd’hui de devoir faire face à une fronde croissante. Souvent désordonnée et pas toujours lisible dans ses objectifs, cette bronca révèle cependant l’ampleur des dégâts déjà profonds de ce projet bâclé, imposé aux forceps, aussi bien dans le cœur des Bruxellois que dans les poumons de ceux qui vivent ou travaillent autour du piétonnier.

Bien qu’opposée à la méthodologie peu transparente de la Ville et au modèle de piétonnier choisi, la Platform Pentagone a toujours soutenu la réduction de la pression automobile et l’amélioration du cadre de vie dans l’ensemble du centre-ville.

La Platform Pentagone réclame à la Ville de Bruxelles, depuis plus d’un an, une réelle concertation sur les fondements et enjeux du projet de piétonnier ; en vain… C’est pourquoi, dans la continuité du recours introduit en février 2015 contre le Plan de circulation du Pentagone (qui induit le projet de réaménagement des boulevards), des associations et habitants du centre-ville, membres de la Platform Pentagone, ont décidé d’introduire un nouveau recours devant le Conseil d’État contre le permis d’urbanisme relatif à l’aménagement du piétonnier pour réclamer l’analyse de scénarios alternatifs, conformément au droit européen.  

Étudier les incidences d’un projet d’une telle ampleur urbanistique est indispensable à son élaboration et conditionne sa réussite.

Cela permet de définir précisément et préalablement les enjeux et objectifs du projet et de construire et évaluer, en fonction de ces derniers, différents scénarios pour n’en retenir que le plus pertinent. Le débat public sur l’opportunité du projet choisi en ressortirait plus serein, les opinions moins binaires et davantage fondées sur l’argumentation que sur les émotions, les décisions, plus pertinentes. La situation actuelle, hélas, n’engendre que clivages et crispations : les citoyens bruxellois méritent mieux !

Au lieu de suivre cette méthodologie, la Ville opère un détricotage du projet au profit des voitures et au détriment de la santé.

La Ville de Bruxelles a cru bon de faire l’impasse (illégalement) sur l’étape essentielle de l’analyse comparative de scénarios. Les mesures erratiques, prises face à l’accumulation d’effets pervers de son plan mal pensé, déplacent les problèmes mais n’améliorent pas la qualité de l’air et le cadre de vie autour du piétonnier.

À son chevet, la Région l’assiste par une campagne médiatique d’un autre âge, vantant l’accès du centre-ville en voiture, carte des parkings à l’appui (14.574 places dans le Pentagone).

« Sur le piétonnier, l’air est plus pur » aurait dit La Palice…

Mais le paradoxe de ce piétonnier et de ses conséquences, c’est que malgré la diminution incontestable du nombre total de véhicules dans le Pentagone, de nombreuses petites rues autour du piétonnier, dans la partie Ouest surtout, sont littéralement et régulièrement congestionnées.

Pourtant, jusqu’ici, l’unique priorité de la Ville, par le biais de Bruxelles-Environnement, a été de procéder à des mesures de qualité de l’air sur le piétonnier lui-même et d’en étendre les conclusions, assez malhonnêtement, à l’ensemble du Pentagone.
Il faut le rappeler, la pollution par le trafic pourrait être responsable de 2400 décès par an dans notre pays. L’enthousiasme, compréhensible et de bonne foi, de défenseurs de ce méga-piétonnier, ne peut primer sur le danger auquel sont d’ores et déjà exposés, depuis des mois, les habitants des quartiers situés tout autour.

La Platform demande à la Ville/Région/Bruxelles-Environnement que des mesures de la qualité de l’air soient réalisées d’urgence dans les rues et quartiers autour du piétonnier : c’est une question de santé publique !

En conclusion

Il faut revoir le projet dans ses fondements, pour lui conférer des bases urbanistiques et juridiques  solides et favoriser, démocratiquement, une adhésion au projet. C’est seulement à cette condition qu’un projet véritablement fédérateur pourra se développer et répondre aux attentes des habitants, travailleurs, commerçants et autres usagers qui, tous, souhaitent l’amélioration de la qualité de vie dans le centre-ville.

Ce n’est qu’en suivant les règles que l’on pourra sortir de l’impasse dans laquelle ce piétonnier s’est fourvoyé et qu’un aménagement futur ne suffira pas à sauver : la plus belle décoration intérieure d’une maison ne l’empêchera pas de s’effondrer si elle est construite sans fondations, ni poutres, ni charpente…

 

Dans le cadre d’un étude d’incidences,
les scenarios suivants pourraient être étudiés

  1. Une piétonisation mieux partagée

    Le principe de 50 ha de zones piétonnes, mais plus modestes, plus conviviales, réparties sur de petites places et rues de l’ensemble du Pentagone, plutôt que les boulevards centraux (scenario « no car » du bureau Secchi-Vigano publié par la région dans
    Bruxelles 2040, trois visions pour une métropole). Ce scénario aurait, en outre, l’avantage de réduire considérablement les coûts du projet.

  2. Scenario « trafic limité »

    Mise en place d’une « zone à trafic limité » dans tout le pentagone (accès réservé aux riverains, jeu sur la temporalité des accès), modèle de plus en plus repris en Italie et en France à la faveur des habitants.

  3. Scenario « espace partagé »

    Un espace partagé permettrait de donner la priorité non seulement aux piétons mais aussi aux cyclistes et aux transports en commun. Dans tous les cas, un projet de réaménagement du centre-ville ne peut faire l’économie, comme la Ville l’a fait arbitrairement, de la coopération avec la STIB et la Région en vue du renforcement de l’offre de transports en commun de surface, plus visible et confortable que le souterrain et, par exemple, l’étude d’une ligne de tram en surface

  4. Scenario « Plan communal de mobilité (PCM) bis ».

    Beaucoup l’ignorent mais la Ville a élaboré en 2009-2011 un Plan communal de mobilité qui comprenait des études sérieusement menées. La moindre des choses dans le cadre de la continuité administrative, du respect de l’administration, du public et des bureaux d’études concernés, serait de repartir de ce plan. La partie relative au Pentagone était basée sur une série de boucles de dessertes visant à évacuer le trafic de transit de l’hyper-centre et à favoriser l’habitat.

  5. Scenario Plan Nomo bis

    Ce scenario, largement soutenu par les associaitions et les spécialistes de la mobilité comprenait globalement moins de voitures (objectif 50%) par l’application du Plan Nomo de 2000.

  6. Scenario actuel
    Situation prévue par le projet de la Ville et actuellement en « phase-test » : piétonnier depuis De Brouckère jusqu’à la place Fontainas.

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Un boulevard, deux trottoirs : trois raisons d’être sceptiques

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Dans son bilan de huit mois de phase-test, la Ville de Bruxelles n’a pas lésiné sur les chiffres pour attester de la réussite, selon elle incontestable, de son piétonnier. Seulement voilà, en y regardant d’un peu plus près, on s’aperçoit rapidement que la rigueur des données présentées est loin d’être au rendez-vous. 

Incroyable mais vrai !

En annonçant triomphalement que la fréquentation de piétons avait doublé depuis la mise en piétonnier des boulevards du centre, la Ville de Bruxelles disait s’être basée sur les chiffres d’Atrium. Mais l’ARAU le relevait dès le lendemain, les chiffres en question ne reflétaient pas cette spectaculaire augmentation. Arnaud Texier, directeur d’Atrium confirme.

Avant la mise en place du piétonnier, les comptages étaient effectués sur chacun des trottoirs des boulevards et donnaient lieu à des chiffres séparés. Il fallait donc additionner ces chiffres pour les comparer aux derniers comptages. En additionnant les comptages des deux trottoirs, on constate une hausse, mais elle n’est pas aussi importante.

La Ville aurait donc purement et simplement « omis » de compter l’un des deux trottoirs ! Franchement… « On est la risée du monde », non ? 

De quoi semer un peu plus le trouble sur le bilan résolument positif de la Ville de Bruxelles, alors que les deux autres raisons qu’elle avait de se féliciter de son projet étaient déjà sujettes à de sérieuses réserves.

Trafic en baisse dans les rues latérales ?

Que le trafic ait globalement diminué sur l’ensemble du Pentagone, personne n’en doute. Mais la Ville nie farouchement le report de circulation sur les rues latérales du Pentagone Ouest, affirmant même que les chiffres sont en baisse.

On le relevait récemment, images du carrefour des rues Van Artvelde et Pleetinckx à l’appui, les chiffres ne disent pas tout : 10 véhicules à la minute lorsque le trafic est fluide n’ont pas le même impact, en terme de nuisances environnementales et sonores, que 10 véhicules roulant au pas, pare-choc contre pare-choc.

Comptages d’un habitant de la rue Léon Lepage

LepageMais sur les chiffres mêmes, on reste également perplexes. En septembre 2013, un habitant de la rue Léon Lepage avait réalisé des comptages pour l’asbl ProVelo. Deux ans plus tard, il a refait ces mêmes comptages, dans les mêmes conditions (par beau temps, sans travaux à l’horizon ni sommet européen). Les résultats sont parlants :

Septembre 2013 : 142 voitures entre 17h05 et 17h25 (426 voitures/heure)

Septembre 2015 : 351 voitures entre 17h05 et 17h25 (1053 voitures/heure)

Soit près de 2,5 fois de plus.

Une situation qui se répète quasi quotidiennement.

 

Amélioration de la qualité de l’air ?

La Platform Pentagone le faisait remarquer dans son dernier communiqué de presse : le Pentagone n’est équipé que d’une seule station de mesure de la qualité de l’air, dépourvue, par ailleurs, de capteurs de particules fines.

Lors de l’émission #M, sur BX1, Yvan Mayeur déclarait sans sourciller :

Malheureusement, la Région n’a pas doté notre ville de suffisamment de capteurs pour savoir exactement quel est l’impact en terme environnemental de la circulation .

La Ville affirme pourtant que le piétonnier a eu un effet très positif sur la qualité de l’air à Bruxelles, y compris aux abords eu piétonnier. Une affirmation aussi scientifique que de se réjouir de l’absence d’excès de vitesse sur une route non équipée de radar.

Pour les habitants, commerçants et usagers des petites rues et places, sacrifiées au nom du « plus grand piétonnier d’Europe », la pilule est dure à avaler. A moins qu’il ne s’agisse d’une couleuvre…

Mais face à cette communication qui frise la propagande, qui est encore dupe ? Qui peut encore croire que ce projet soit « une réussite » ?

28 juin 2015, inauguration du piétonnier : 100.000 personnes selon la Ville de Bruxelles

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Photo © Eric Danhier




Florilège de citations

Il faut décider vite sinon je sais ce qui va se passer. On va être confronté à un tas d’experts et de comités qui vont donner leur avis bien entendu négatif. Sans compter les procédures légales qui sont une vraie partie de plaisir

Yvan Mayeur lors de la présentation du projet de piétonnier 2 janvier 2014, RTBF Info,

 

Malheureusement, la Région n’a pas doté notre ville de suffisamment de capteurs pour savoir exactement quel est l’impact de la circulation en terme environnemental

Yvan Mayeur, lors de l’émission #M sur BX1, 1er mars 2016.

 

Bruxelles Les Bains et le piétonnier ne vont-ils pas se faire concurrence ?
Je ne pense pas que cela fera double emploi. Nous avons fait le pari d’un Bruxelles qui n’arrête jamais et où il se passe tout le temps des choses. Plus il y a d’évènements, mieux c’est ! Et je ne crois pas que l’un ou l’autre se fera phagocyter. Ce sont des événements complémentaires, ils vont créer un effet d’entraînement. L’idée, c’est qu’il y ait toujours quelque chose à faire à Bruxelles« .

Philippe Close (PS), échevin du Tourisme Interview du 22 juin 2015 dans La Libre

 

Pourquoi le Pentagone ne pourrait pas être reconnu comme zone touristique, alors que Maasmechelen Village l’est?

Marion Lemesre, échevine du Commerce, Conseil communal du 9 février 2015.

 

« Le pouvoir, c’est de ne pas partager toute l’information et de la garder pour soi » 

268520_10152778967173580_711867604166918591_nRéponse d’Yvan Mayeur à la question : Les juristes de la Ville ont-ils réfléchi aux conséquences, si le Conseil d’Etat annule le plan de circulation ? (Conseil communal de la Ville de Bruxelles, le 23 février 2015)

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J’ai demandé aux sociétés privées, de manière informelle : Est-ce que vous seriez intéressées (sous-entendu : par la construction d’un parking); j’ai posé la question à 20 sociétés de parking et sur les 20 sociétés, il y en avait beaucoup qui étaient intéressées. (…) Il faut quand même d’abord voir si il y a de l’intérêt avant de lancer le dossier, c’est normal…

Els Ampe, Echevine de la Mobilité, lors de la rencontre avec les habitants à la Salle des Milices de l’Hôtel de Ville, le 09/12/2014.

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« Nous essayons aussi que les automobilistes qui pénètrent dans le Pentagone évitent au maximum les quartiers résidentiels ».

Els Ampe, dans un article de l’Avenir du 20 décembre 2013.

Donc, la Place du Jeu de Balle, Le Nouveau Marché aux Grains, la Place Rouppe et Yser-Les Quais ne sont pas des quartiers résidentiels, selon l’Echevine de la Mobilité.

Pourquoi le Pentagone ne pourrait pas être reconnu comme zone touristique alors que Maasmechelent Village l’est ?

Marion Lemesre, Conseil communal du 9 février 2015.

Alors, oui, je veux une concertation. Je veux dialoguer avec les gens. Je veux trouver des solutions pragmatiques. On ne peut pas rester inactif. Ce serait nier la réalité et nier la vie quotidienne des habitants des rues adjacentes. J’ai entendu les questions qui ont été posées. Oui, il faut plus de pédagogie et de concertation.

Yvan Mayeur, Bourgmestre de la Ville de Bruxelles, lors du Conseil communal du 01/12/2014.

Qu’entend exactement le Bourgmestre par «  pédagogie » ? Le supplément de 103.000€ voté au Conseil communal suivant pour la « Communication concernant le plan de Mobilité  (euh, de circulation) » ?
Pour ce qui est de la concertation, les citoyens l’attendent toujours…

S’agissant des parkings et de la Place du Jeu de Balle, je suis un amoureux des Marolles. (Réactions dans le public) …
Nous essayons de trouver une solution. Le parking en est-il une? Nous ne le savons pas. »

Yvan Mayeur, Bourgmestre de la Ville de Bruxelles, lors du Conseil communal du 01/12/2014.

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Je sais que dans les Marolles, la plupart des gens n’ont pas de voitures, mais je leur demande d’être solidaires avec ceux qui en ont une.

Els Ampe, au Café La Brocante, réunion d’information avec les habitants des Marolles, le 08/12/2014.

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Je sais que ce plan fait peur. C’est normal, parce que c’est nouveau et quand c’est nouveau, ça fait peur. 

Els Ampe répète cette phrase à chacune de ses rencontres avec les habitants, commerçants, sur les plateaux télés… s’inspirant peut-être, consciemment ou non, d’une technique de coaching assez simpliste où l’on sous-entend que le rejet de la nouveauté est fondé sur une peur irrationnelle plutôt que sur des arguments. Cette stratégie est généralement utilisée pour désamorcer, voire discréditer d’emblée toute critique, même constructive, d’un nouveau projet, d’une nouvelle méthode de travail, d’un nouveau chef d’entreprise…

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Une telle mesure apporterait un confort dans ce quartier et accroîtrait l’attractivité de ses logements, avec pour conséquence éventuelle l’arrivée d’habitants à meilleure capacité contributive. 

Marion Lemesre, Echevine du Commerce, au sujet du projet de parking sous la Place du Jeu de Balle, lors du Conseil communal du 27/11/2014. En langue de bois, «arrivée d’habitants à meilleure capacité contributive» signifie gentrification.

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D’abord je voudrais rappeler que tout le monde parle « des » Marolles alors qu’en fait, c’est « la » Marolle…

Fahouzia Hariche, échevine de l’Enseignement de la Ville de Bruxelles, dans l’émission Les « Experts » du 06/12/2014 sur Télé Bruxelles.

L’échevine de l’Enseignement a tort de vouloir jouer les professeurs : les deux existent mais désignent des quartiers différents.

En l’occurrence, si’ l’on parle de la Place du Jeu de Balle, il s’agit bien « des » Marolles, comme on peut le lire sur le site de la Ville de Bruxelles

Le quartier de « La Marolle » englobe la partie de la Ville qui est délimitée par la rue Haute, les remparts (actuellement, la petite ceinture) et l’arrière du Palais de Justice. (…)

« Les Marolles » au pluriel, symbolisent la partie sud du Pentagone. Sa place du Jeu de Balle est le point central.

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A suivre…

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« Vous pouvez aller crier ailleurs »

Le 22 janvier, dans la salle de l’Ancienne Belgique, la Ville de Bruxelles dévoilait
les secrets de son piétonnier au public…

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C’est beaucoup dire que la Ville de Bruxelles présentait son projet ce soir-là, car les politiques présents au premier rang ne sont jamais montés sur scène, s’en sont allés pour la plupart avant la fin et ont laissé les membres du bureau d’études se débrouiller tout seuls avec le public (des citoyens, des électeurs)…

Dans la salle, plusieurs centaines de personnes, la plupart d’entre elles, mobilisées depuis plusieurs mois déjà ! Mobilisées contre ce piétonnier, trop grand, mal pensé et entouré d’un miniring aux conséquences environnementales dont on ne trouve trace nulle part dans les études (s’il y en a). Mobilisées aussi contre les parkings – conséquences du piétonnier trop grand et de la volonté politique d’attirer les automobilistes le plus près possible de la « zone confort ».

Mais du miniring et des parkings, il ne sera pas question : « On ne parle pas de ça » sera le seul mot d’ordre asséné par la modératrice du débat (quel débat ?) où de nombreuses questions seront posées, suivies de rares réponses et de nombreux silences, raclements de gorge, regards perdus et autres rappels à l’ordre de l’assistance…

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Et quand certains participants aux « ateliers » organisés par le bureau d’études s’étonneront que les sujets abordés ne soient pas repris dans la présentation, la réponse sera : C’est normal, après les ateliers, on est retournés dans la rue pour demander aux gens ce qu’ils en pensaient.

Précisons que l’étude se fonde sur des questions posées à 626 personnes prises au hasard dans la rue et que les groupes de travail étaient formés de 60 personnes dont la moitié n’habitent pas le quartier… Etrange méthodologie pour un projet qui se prétend le projet des Bruxellois.

Au fil des slides, le public sera bercé d’images de synthèses et de noms qui chantent aux oreilles: Vallée-confort, Mi-pente confort, Pentagone apaisé… On y croit !

De cette soirée, on retiendra enfin l’image d’Yvan Mayeur, Bourgmestre aux abonnés absents quoi que présent, s’éclipsant avant la fin, « comme un voleur » dira-t-on à juste titre sur TV Brussel… Sans oublier le mot de conclusion de la modératrice : un « Vous pouvez aller crier ailleurs » plein de morgue qui en dit long sur l’idée de la Démocratie qu’on se fait dans les allées du Pouvoir de la Ville de Bruxelles.

Mais tout n’est pas perdu : le bon peuple pourra choisir un nom au projet, sorte de petit hochet qu’on agite pour l’amuser. Vraiment c’est trop, il ne fallait pas !

On a hâte de connaître  la suite de ce feuilleton passionnant !

NB : Les études d’incidence du plan de circulation de la Ville lié à ce piétonnier ne sont toujours pas connues, si tant est qu’elles existent.

Consulter les divers documents sur le piétonnier sur le site de la Ville de Bruxelles

Lire ici le compte rendu de Raf Custers (en néerlandais)

UN PIÉTONNIER DÉSESPÉRÉMENT PRO-VOITURES…

 Nouveau Piétonnier




Parkings en chantier, arbres en danger !

Tous ceux qui habitent en ville le savent : les places et les rues bordées d’arbres contribuent au bien-être, à la détente, à la convivialité, mais aussi et surtout, ces « fabriques d’oxygène » jouent un rôle important dans la qualité de l’air que nous respirons. 

0P1800210Du reste, ils contribuent à donner de la vie aux quartiers, bien plus qu’on ne l’imagine… Dans son excellent Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta raconte, au sujet de l’avenue de Stalingrad :

« Jusqu’au milieu des années 1940, elle était bordée de platanes, mais ils furent abattus à la demande de nombreux commerçants de l’avenue, affligés de l’assombrissement dont pâtissaient leurs vitrines à cause de ces grands arbres trop feuillus. Dénuée de sa parure, l’avenue paru laide et déserte… et la clientèle des magasins se raréfia encore. »

Voilà qui donne à réfléchir…

Qu’en est-il du projet qui nous occupe ? Les 4 places où sont prévus les parkings sont plantées d’arbres. Dans le cas de la Place du Nouveau Marché aux Grains et du Quai du Commerce, il s’agit d’arbres à hautes tiges, en l’occurrence, des platanes.

Qu’adviendrait-il de ces arbres, si la Ville de Bruxelles s’entêtait dans ses projets de parkings ?

L’échevine de la Mobilité se veut rassurante, mais… Le cahier des charges ne mentionne qu’un laconique « Il y a lieu de » préserver les arbres de la place. Autrement dit, de belles intentions mais rien de concret.

Or, malheureusement, les exemples abondent de chantiers et travaux de voirie lourds, en surface ou en sous-sol, où il a fallu procéder, quelques années après, à l’abattage d’arbres dont les racines avaient été irrémédiablement endommagées par les travaux en question ou qui ne trouvaient plus, dans un sous-sol modifié par les constructions, les éléments nécessaires à leur survie…

On se souvient, par exemple, des marronniers de l’avenue Louise, abattus 5 ans après le réaménagement, par la STIB, de l’arrêt de tram au croisement de l’avenue Legrand: un rapport du bureau Arboriconseil confirme d’ailleurs le motif de leur abattage.

Un architecte-urbaniste présent lors de la rencontre entre l’Echevine de la Mobilité et les habitants (9/12/2014, Salle des Milices de l’Hôtel de Ville) s’est exprimé on ne peut plus clairement à ce sujet : laisser croire que l’on pourra construire un parking sous la Place du Nouveau Marché aux Grains et ses magnifiques platanes sans signer, à terme, leur arrêt de mort, relève du mensonge. Une attitude irresponsable qu’il n’a pas hésité à qualifier de scandaleuse !

La menace qui pèse sur les arbres est donc bien réelle !

Voici d’un exemple de construction de parking souterrain, à Paris (Boulevard Saint Michel, artère bordée d’arbres). L’entreprise qui avait réalisé les travaux en 1997 avait affirmé que les arbres seraient préservés :

« On utilise une hydrofraise “latine”, outillage le mieux adapté à l’exigüité de l’emprise du site tant au sol qu’en hauteur (passage entre et sous les arbres) et à la présence de terrains durs… »

Tout est sous contrôle ! Dormez tranquilles, braves gens, nous dit ce prospectus, en 1997… Mais qu’en est-il aujourd’hui  ?

Voici une capture d’écran de Google Street, à l’endroit où on été réalisés les travaux. Image3

Les 2 deux tiers sont de jeunes pousses qui ont été plantées à la place des arbres d’origine qu’il a fallu abattre : pourris par les racines, ils étaient devenus instables et dangereux.

En plein centre ville, les arbres ne sont pas un luxe, ils sont tout simplement indispensables! Une raison supplémentaire de s’opposer à la construction de parkings qui eux, sont inutiles…




La genèse d’Interparking

Petits faits de culture urbanistique bruxelloise
Par Patrick Wouters

POURQUOI LE PARKING 58 A-T-IL ETE CONSTRUIT A CET ENDROIT ?

Le Parking 58 a été construit sur un terrain communal, résultant de la démolition des Halles Centrales, édifice de fer et de verre construit en 1872-74, en même temps que la Bourse, lors du voûtement de la Senne.

Le 21 février 1955, l’échevin des Travaux Publics de la Ville de Bruxelles, Paul Vanden Boeynants, propose au Conseil Communal de donner en concession la partie Nord des Halles Centrales, ou éventuellement son terrain seul, pour y édifier un grand garage-parking.

La concession fut adjugée à une première société, qui se désista. VDB en parla à l’entrepreneur Armand Blaton, qui évoqua le sujet avec Claude De Clercq (le patron de ce qui deviendra Interparking), et c’est ainsi que Claude De Clercq décida de construire le Parking 58 avec les Blaton. Peu après, Charly De Pauw (le patron de ce qui deviendra le Consortium des Parkings / Compagnie de Promotion) rejoignit l’affaire. Le terrain fut concédé par la Ville de Bruxelles sous la forme d’un bail emphytéotique1.

Mais pourquoi ce parking à cet endroit-là ?

La Ville de Bruxelles chargea en 1955 le groupe d’urbanistes Tekhné d’établir le plan directeur pour le pentagone. Ce bureau d’études s’était fait connaître par ses plans de villes nouvelles au Congo, villes faites de zones mono-fonctionnelles, avec beaucoup d’attention accordée à l’automobilité.

Le plan Tekhné, terminé en 1962, prévoyait de remodeler le réseau routier de la Ville en établissant autour du centre historique une ceinture intérieure doublée d’aires de stationnement et communiquant avec des voies de pénétration en étoile. Le concept global était susceptible d’être réalisé progressivement. A la place De Brouckère se situerait l’« échangeur de circulation n°1 ». Et voilà pourquoi VDB, qui connaissait le plan (non encore rendu public), avait attiré l’attention d’Armand Blaton sur l’opportunité.

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L’éloge funèbre de VDB, prononcé au Sénat le 18 janvier 2001, comporte, cachés au milieu des louanges habituelles, ces passages révélateurs : Dans cette Belgique en pleine expansion économique après l’Exposition universelle, Paul Vanden Boeynants démontrera partout et toujours ses extraordinaires talents de manager, chez qui s’estompera progressivement la distinction nécessaire entre la politique et les affaires dont il estime qu’elles pouvaient s’épauler mutuellement.

[…]

Le dynamique chef d’entreprise introduit dans le monde politique un style nouveau, importé des États-Unis, pour lesquels il avait une véritable fascination et où il avait étudié les techniques de communication et les campagnes électorales.

[…]

Sa vision politique était résolument moderniste. Cependant, sa fascination pour l’Amérique n’eut pas toujours, dans le domaine de l’urbanisme à Bruxelles, les résultats les plus heureux.

VDB et Tekhné tenaient le raisonnement suivant :

  1. la ville n’a d’avenir que si son commerce prospère ;
  2. ce commerce ne peut prospérer que s’il est accessible ;

—  attention, c’est ici que le raisonnement dérape —

  1. donc, certaines rues doivent êtres libérées du trafic automobile pour les rendre piétonnes et agréables aux commerces riverains alors que d’autres rues doivent être mises à sens unique (et donc devenir roulantes) pour accéder aux rues agréables ;
  2. et pour cela il est nécessaire de construire de nombreux parkings le long des rues roulantes transformées en petit ring2.

Ce raisonnement a conduit nos centres urbains à un infarctus de la mobilité.

Il est pourtant appliqué aujourd’hui, avec beaucoup de détermination, par l’actuelle échevine de la mobilité de la Ville de Bruxelles, Mme Els Ampe, dans son nouveau plan de circulation.

Elle a écrit un petit article sur le courage et l’audace dans le numéro de décembre du VRIJE BRUSSELAAR, le journal trimestriel de son parti.

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Je dirais que le courage et l’audace sont de belles qualités, parfaites pour foncer dans le mur quand il y manque la réflexion.

La (mauvaise) histoire se répète.

Mme Ampe doit revoir complètement son plan de « mobilité » et accorder toute son attention au réseau de transport en commun (trams, bus) dans le pentagone si elle veut vraiment assurer un avenir viable à Bruxelles.

Sources :

http://nl.wikipedia.org/wiki/Centrale_Hallen
http://nl.wikipedia.org/wiki/Charly_De_Pauw
http://www.dhnet.be/actu/societe/rencontre-exclusive-avec-le-roi-belge-des-parkings-51b7bd6ae4b0de6db98b0ef8

  • Bulletins Communaux de la Ville de Bruxelles, années 1955 -1965.
  • De Waarachtige Vervalsers, Joris SLEEBUS, brochure-guide éditée par Erfgoedcel VGC et Brukselbinnenstebuiten, 2010, p 51 et 54-55.
  • Article Évolution du centre urbain, Jo BRAEKEN, in Le Patrimoine monumental de Belgique, volume 1A Bruxelles, éditions Mardaga, 1989, p. XXXV.
  • Revue Habiter, n° 36, 1966, pages 4 à 19.

1 Un bail emphytéotique est un bail de très longue durée (jusqu’à 99 ans), qui confère au locataire du terrain la quasi-propriété, à charge pour lui d’y construire et de payer un loyer modique. A la fin du bail, le bâtiment construit revient au bailleur, sans que ce dernier n’ait à indemniser le locataire.

2 Ce petit ring ne fut que partiellement réalisé (mise à sens unique des rues du Fossé aux Loups, des Augustins dans un sens, des rues de l’Évêque et d’Arenberg dans l’autre), toutes rues élargies à l’occasion de la construction du Centre Administratif de la Ville de Bruxelles et du Building Philips.

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Article lié : Interparking aujourd’hui




Interparking aujourd’hui

Sur les 34 parkings dits « publics » (comprendre par là : privés et payants) situés dans le Pentagone, 17 sont gérés par Interparking, une société qui entretient, depuis sa création, des liens privilégiés avec la Ville de Bruxelles.
Voir à ce sujet l’historique de Patrick Wouters

happyLa carte de voeux 2015, sur le site d’Interparking

De ses débuts à nos jours, l’histoire d’Interparking n’est qu’une longue succession de changements de noms ou de mains, de fusions, de reprises, de recapitalisations et/ou de cessions de participations,… propres à donner le vertige aux contrôleurs du fisc et aux imprimeurs des annexes du Moniteur !

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Filiale à 90% de la société AG Real Estate, Interparking vit un nouveau tournant en juillet 2014, avec la vente de 39% des actions d’ AG Real Estate à l’Office d’Investissement du Régime de Pensions du Canada.

Cette opération contribue à l’enveloppe financière dont nous disposons pour étendre davantage notre portefeuille immobilier et que nous déploierons progressivement dans nos marchés cibles et au travers de nouveaux partenariats », commente Serge Fautré, CEO d’AG Real Estate. (…) Interparking correspond à notre portefeuille de placements en infrastructures et notre horizon de placement à particulièrement long terme. 

En parlant de ce « portefeuille immobilier », Serge Fautré, CEO d’AG Real Estate (et vice-Président d’Interparking), accordait, en 2013, une interview au magazine Trends, à l’occasion du MIPIM, le salon international de l’immobilier d’entreprise qui a lieu au mois de mars de chaque année à Cannes, sur sa célèbre Croisette.

894861Photo © Belga

Morceaux choisis de l’article « Nous avons un milliards d’euros à investir »

TRENDS-TENDANCES. Qu’avez-vous envie de faire passer comme message à la veille du Mipim, où acteurs publics et privés belges et internationaux vont se croiser par milliers ?

SERGE FAUTRÉ. Il y a un besoin urgent de concertation entre acteurs publics et privés bruxellois. On peut le faire de manière programmée et structurée, dans le cadre de PPP (partenariat public-privé) ou de procédures de permis classiques. Mais on doit également provoquer cette concertation de manière plus informelle et récurrente.

On se rappelle, à ce sujet, les déclarations d’Els Ampe , lors de la rencontre du 9 décembre 2014, à l’Hôtel de Ville :

« J’ai demandé aux sociétés privées, de manière informelle : Est-ce que vous seriez intéressées ; j’ai posé la question à 20 sociétés de parking et sur les 20 sociétés, il y en avait beaucoup qui étaient intéressées. (…) Il faut quand même d’abord voir si il y a de l’intérêt avant de lancer le dossier, c’est normal… » (écouter l’enregistrement)

Interrogée sur l’identité de ces « 20 sociétés » de parking avec lesquelles elle dit avoir eu des contacts « de manière informelle », l’échevine de la Mobilité répond qu’elle ne se souvient pas de tous les noms mais renvoie à la liste des participants, tiens, du MIPIM 2013, où elle était elle-même présente…

Un plus loin, dans l’article du Trends, Serge Fautré ajoute :

Pour notre filiale internationale Interparking plus précisément, c’est aussi une chance unique de découvrir de nouveaux projets immobiliers commerciaux en Europe et d’agir en amont sur le volet « parking ».

En amont de projets immobiliers commerciaux : tout un programme…

Comment voyez-vous votre filiale internationale Interparking progresser sur les marchés étrangers ?

Un effectif de 2.000 personnes, 290.000 places de parking réparties sur neuf pays, cela se mérite et cela se gère activement. Nous avons d’ailleurs été à deux doigts de perdre cette pépite du portefeuille quand la banque a failli tomber en faillite et qu’il a fallu renflouer les caisses avec les actifs « maison ».

En effet, on s’en souvient : le contribuable avait activement contribué à ce renflouement…

Terminons ce rapide tour d’horizon par un article du Soir, d’octobre 2010, intitulé « AG Real Estate tient le cœur de Bruxelles entre ses mains »

Nous tâchons d’avoir une vision globale du centre de Bruxelles, rapporte Alain De Coster, à la tête de l’activité de développement d’AG Real Estate. Il s’agit de notre berceau historique. Vous savez, les assurances AG y sont présentes depuis 1824. » (…)

A l’échelle de la Belgique, un géant immobilier, pesant en 2009 quelque 3,8 milliards d’euros. Avec des projets plein les cartons. Et une solide force de frappe : une capacité d’investissement de 450 millions d’euros par an, répartie entre le département « asset management », la gestion de parkings via Interparking et l’activité de développement. »

 

Juste une question…
Et les citoyens, dans tout ça ?

5
Conseil communal du 1er décembre 2014 où 250 personnes étaient présentes
(à l’extérieur de la salle, trop exigüe) pour protester contre les parkings




Affiches Nouveau Marché aux Grains

Grains

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Place Rouppe et Avenue de Stalingrad : un peu d’histoire (politique) récente

Image6Texte du tract d’information du Quartier Rouppe

Petit rappel de l’historique des projets du quartier.

En 2008, les habitants du quartier Rouppe-Stalingrad-Rue du Midi ont vu le lancement du Contrat de Quartier Rouppe. Un des projets dont ils ont pu se réjouir était le réaménagement de l’Avenue de Stalingrad. Le programme, voté par la Ville de Bruxelles et ensuite transféré à Beliris pour la mise en oeuvre de certains volets, dont celui de l’Avenue de Stalingrad, constitue un contrat entre les habitants et les pouvoirs publics.

L’Hôtel de Ville de Bruxelles en était fier !

En janvier 2012, on pouvait lire (entre autres) dans La Libre :

« C’est un pari énorme que l’on fait pour restaurer la convivialité et la mobilité du quartier», prévient Freddy Thielemans (PS), bourgmestre de la Ville de Bruxelles. L’idée consiste-t-elle à créer une promenade touristique pour piétons et cyclistes entre la gare du Midi et le centre historique. «Pour qu’il y ait une entrée dans la Ville digne de ce nom pour les voyageurs venant de la gare. Cela deviendra la Rambla de Bruxelles», s’enorgueillit le bourgmestre. Ces grands travaux devraient commencer en 2014 et durer plus ou moins quatre ans. (…) La circulation locale venant des boulevards centraux sera limitée autant que possible.»

Fin 2012 : nouvelle majorité. On nous annonçait d’ores et déjà le projet de réaménagement des boulevards centraux, et l’arrivée d’un nouveau plan de mobilité, mais les travaux de réaménagement de l’Avenue de Stalingrad se laissaient attendre.

Après un très long silence radio débarque, en novembre 2014, le plan de mobilité… assorti du projet de construction de 4 nouveaux parkings souterrains, dont un sous… la Place Rouppe. Le cahier des charges pour le parking Rouppe précise que «Aucun projet de réaménagement du périmètre n’existe actuellement». Est-ce que le dossier du Contrat de Quartier Rouppe aurait disparu de l’administration de la Ville?

Dans le plan de mobilité 2014, l’Avenue de Stalingrad est identifiée comme « la principale voie d’accès automobile au sud du Pentagone » , le Boulevard Lemonnier devenant son pendant pour la sortie des véhicules. Au-delà de la Place Rouppe, la Rue du Midi débouchera, de surcroît, sur le mini-ring, qui remontera la Rue des Alexiens, aménagée en deux bandes dans un même sens. L’Avenue de Stalingrad étant mise en boucle, la seule échappatoire automobile autre que le mini-ring sera la Rue du Chasseur, ou la Rue Philippe de Champagne.

C’est là une rupture de contrat avec les citoyens, la perte du financement via Beliris, le sacrifice d’un projet qui faisait sens et un énorme pas en arrière en termes de qualité de cadre de vie pour un quartier où le manque d’espace public digne de ce nom est criant. Les habitants et commerçants du quartier sont en droit de mettre la Ville devant les promesses qu’elle a décidé, unilatéralement et sans en informer les riverains et commerçants, de ne pas tenir.

  • Devant la marchandisation du seul espace pouvant offrir la respiration nécessaire à cette avenue.
  • Devant la destruction inévitable d’une partie de l’Allée Rosa Luxembourg (création de trémie d’accès parking oblige).
  • Devant un revirement injustifiable.

N’acceptons pas cela !

La construction d’un parking souterrain Place Rouppe :  une fausse bonne idée !

Pour comprendre les tenants et aboutissants de ce projet, quelques éléments d’information issus du Plan de Mobilité et du cahier des charges (voté par le Collège le 01/12/2014) :

Un parking souterrain Place Rouppe, cela signifie:

La transformation de l’Avenue de Stalingrad en principal axe d’accès automobile côté sud du Pentagone ;

– L’aménagement d’une trémie d’accès sur l’Avenue de Stalingrad, entraînant une altération majeure voire suppression d’une partie de l’Allée Rosa Luxembourg

(à partir de la Rue Roger Vanderweyden);

– La Rue Philippe de Champagne transformée en voie de transit vers Lemonnier,

boulevard qui devient la principale voie de sortie côté sud du Pentagone;

– L’aménagement d’une trémie de sortie du parking sur la Rue du Midi, qui devient une voie à sens unique vers le mini-ring ;

– Creuser dans une zone marécageuse, avec rabattement de la nappe phréatique

(autre technique possible : geler le terrain) ;

– Au moins 2 ans de travaux.

Si vous vous dites: «Chouette, fini de chercher où me garer !», sachez que:

La Ville demande au promoteur de prévoir des places réservées aux riverains (oui), mais… :

– Le nombre de places de ce type est laissé au libre choix du promoteur, mais doit être de 10 à 40% du nombre de places que compte le parking

– Le tarif est fixé par l’exploitant, via un abonnement. Prix suggéré: 50 euros / mois, i.e. 600 euros par an. Nettement plus cher que la carte de riverains (qui coûte 10 euros pour la 1e et 100 euros pour la seconde)!

– Vu la différence de prix entre l’abonnement pour riverains et la tarification horaire tout

public, et compte tenu des difficultés techniques pour la construction de ce parking,

faudrait être promoteur suicidaire pour prévoir ne fut-ce que 25% des emplacements

réservés aux riverains (rentabilité, amortissement des investissements, toussa).