Place Rouppe : Un peu d’Histoire

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Image1La Place Rouppe en 1901

Place Rouppe

Cette place carrée, de 80 mètres de côté, fut inaugurée en 1841. Elle englobait les baraquements de la première Gare du Midi, appelée aussi Gare des Bogards, ouverte un an plus tôt lors de l’inauguration de la voie ferrée Bruxelles-Tubize.

Elle n’était auparavant qu’un grand pré à sécher le linge, appartenant à une blanchisserie du quartier. Elle reçut le nom de Nicolas Rouppe, premier bourgmestre qui siégea à l’Hôtel de Ville après la Révolution de 1830, mort en 1938.

La Place a connu une grande animation pendant la longue période où les tramways vicinaux (à vapeur et ensuite électriques) y aboutissaient, venant de Hal, Lennick, l’Espinette ; Rhode-Saint-Genèse et Waterloo.

On y a bâti dès 1843 quelques hôtels pour voyageurs. Il en reste deux : le Windsor et la Grande Cloche. Le nom de ce dernier rappelle la cloche qui annonçait le départ des trains.

La Place Rouppe est citée dans les livre d’histoire de la littérature française : c’est à cet endroit, en effet, que le jeune poète Rimbaud a cherché protection auprès d’un providentiel  « gardeville » contre son ami Verlaine qui menaçait de le tuer. C’était le 10 juillet 1873.

Avenue de Stalingrad

Cette très large avenue, longue de 500 mètres, relie la Place Rouppe à la Gare du Midi et fut créée en 1869, à l’emplacement des six voies chemins de fer de l’ancienne Gare des Bogards, supprimée cette année-là. A l ‘époque, elle s’appelait l’Avenue du Midi.

Jusqu’au milieu des années 1940, elle était bordée de platanes, mais ils furent abattus à la demande de nombreux commerçants de l’avenue, affligés de l’assombrissement dont pâtissaient leurs vitrines à cause de ces grands arbres trop feuillus. Dénuée de sa parure, l’avenue paru laide et déserte… et la clientèle des magasins se raréfia encore.

La Ville planta alors de petits acacias sur les trottoirs mais rien n’y fit. Peu à peu, les magasins de la longue façade postérieure de du Palais du Midi cessèrent leurs affaires.

Extrait du Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, Ed. Legrain, 1986.

Aujourd’hui, fort heureusement, l’activité économique a repris : de nombreux commerces agrémentent cette avenue et lui donnent des airs de rambla où il fait bon s’attarder et savourer un thé à la menthe ou déguster une grillade de poissons.

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERALa Place Rouppe aujourd’hui, avec, en enfilade, l’avenue de Stalingrad