EnquA?te sur le piA�tonnier : un chat dans un sac

image_pdfimage_print

Parapluie

Si la version estivale du piA�tonnier, avec ses activitA�s rA�crA�atives et ludiques, ses bons et ses moins bons cA?tA�s, s’est rA�vA�lA�e globalement sympathique, elle n’en demeure pas moins vouA�e A� disparaA�tre avec les derniers beaux jours de l’A�tA�. Aussi, dA?s la rentrA�e, Beliris lanA�ait la procA�dure d’enquA?te publique sur l’amA�nagement du piA�tonnier ou plutA?t, de ce qui n’est toujours, rappelons-le, que la phase-test de ce projet.

.

a�? Premier constat : L‘absence d’A�tude d’incidences, une procA�dure devant se conformer A� une sA�rie de critA?res spA�cifiques et rA�alisA�e avec un comitA� d’accompagnement qui en garantit la neutralitA�. InterrogA� A� ce sujet, l’A�chevin de l’Urbanisme, Geoffroy Coomans de BrachA?ne justifie en ces termes le recours A� un simple rapport d’incidenceA�: A�A�L’enquA?te publique porte sur des A�lA�ments comme le revA?tement du sol, les plantations ou la suppression des bacs A� fleurs, pas sur les questions de mobilitA�A�A�.

Des dA�clarations en contradiction flagrante avec celles de la Ville elle-mA?me, pour qui ce piA�tonnier constitue une rA�volution des mentalitA�s, un projet de sociA�tA�A�: soudain, A� l’heure de l’enquA?te publique, il se rA�sumerait A� de simples questions de bacs A� fleurs et autres aspects purement dA�coratifs ou techniques de la question.

Pire, si une A�tude d’incidences n’est pas nA�cessaire, l’enquA?te publique ne portant pas sur des questions de mobilitA�, comment la Ville justifie-t-elle que l’A�tude n’ait pas A�tA� rA�alisA�e lors de la mise en piA�tonnier des boulevards centraux ?

  • DemandeA�: La Plaftorm Pentagone rA�itA?re sa demande que soient rA�alisA�es des A�tudes d’incidences, conformA�ment A� la lA�gislation, tant sur la mise en piA�tonnier de la zone que sur son amA�nagement, tant sur la zone elle-mA?me que sur les rues avoisinantes et tant sur le plan des commerces que de l’habitat (auquel le rapport d’incidence ne consacre que quelques paragraphes sur une centaine de pages).

.

a�? MobilitA�A�

Sur le plan de la mobilitA�, si la rentrA�e n’a pas engendrA� le chaos que l’on craignait (ce dont il faut se rA�jouir), on constate cependant qu’A� mesure que les jours passent, la circulation se fait plus dense dans les petites artA?res naguA?re tranquilles, preuve que les automobilistes explorent des itinA�raires alternatifs pour continuer de transiter par le centre.

  • MiniringA�: constats

Sur le miniring, habitants et commerA�ants confirment la situation de A�A�l’accordA�onA�A�A�: tantA?t, cela bouchonne et klaxonne, notamment aux heures d’entrA�es et sorties de bureaux, mais aussi au moindre problA?me (un bus articulA� ou un autocar touristique peinant A� prendre leur tournant dans les rues tortueuses) qui se rA�percute immA�diatement en amont. TantA?t la circulation y est fluide, la largeur de la voirie A� sens unique incitant de nombreux automobilistes A� commettre des excA?s de vitesse.

  • DemandeA�: La Platform Pentagone attend de la Ville des mesures concrA?tes pour rA�duire la pression automobile dans les rues autour du piA�tonnier, ainsi que pour limiter les risques d’excA?s de vitesse sur le miniring.

.

a�? Transports en commun: constats

La Platform Pentagone avait dA�jA� dA�noncA� le recul de l’offre de busA�: lignes limitA�es A� la Gare centrale, terminus de plus en plus A�loignA�s du centre, compliquant le trajet des usagers voulant se rendre… sur le piA�tonnier, pA�nalisant surtout ses usagers les plus faibles (personnes A?gA�es et A� mobilitA� rA�duite) et les plus rA�guliers (qui se rendent quotidiennement A� leur travail, par exemple).

  • Demande : La Plaftorm Pentagone ne peut que rA�itA�rer sa demande de voir l’offre de transports en commun renforcA�e afin de contribuer efficacement A� la rA�duction de la pression automobile.

.

a�? ParkingsA�: constats

La Platform Pentagone s’interroge sur l’obstination de la Ville A� vouloir construire de nouveaux parkings et ce, en l’absence de donnA�es chiffrA�es sur les taux de frA�quentation des parkings existants (refus des sociA�tA�s de parking de communiquer des donnA�es A�A�confidentiellesA�A�), et sans explorer prioritairement des pistes pour les utiliser au mieux. Les promesses d’une signalA�tique appropriA�e combinA�e A� des panneaux de tA�lA�-jalonnement semblent rester au stade des voeux pieux.

Dans ces conditions, comment objectiver les besoins de parkingsA�supplA�mentaires ? Et comment ne pas soulever cette double contradiction entre la volontA� affichA�e par la Ville de vouloir rA�duire, grA?ce A� son piA�tonnier, la pression automobile et assainir l’atmosphA?re, tout en construisant de nouveaux parkings pour attirer la clientA?le des beaux quartiers (selon les propres dires d’Yvan Mayeur)… alors que depuis des mois, l’A�chevine de la MobilitA� s’A�vertue A� expliquer que c’est pour rA�pondre aux besoins et A� la demande des habitants eux-mA?mes.

  • DemandeA�: Face A� ces incohA�rences, la Platform Pentagone demande que la Ville et les sociA�tA�s de parkings produisent des chiffres avant de s’aventurer dans des travaux lourds et de longue durA�e, qui dA�figureront de maniA?re irrA�versible les places oA? sont prA�vus ces parkings.

.

a�? Le piA�tonnier de demain, espace public privatisA�, mutation commerciale et ville A�vA�nementielleA�

En lanA�ant son projet de piA�tonnier, la Ville a beaucoup insistA� sur sa volontA� que A�A�les citoyens se rA�approprient l’espace publicA�A�.

La version estivale du piA�tonnier A�tant appelA�e disparaA�tre et en l’absence de projet clair et concertA�, les projets en cours et les dA�clarations des responsables politiques sont les seuls indices dont nous disposions pour entrevoir la nature exacte du piA�tonnier dans sa version dA�finitive. En voici un rapide tour d’horizon :

Marion Lemesre, A�chevine du Commerce, veut y faire revenir A�A�les grandes enseignesA�A�, Philippe Close, A�chevin du Tourisme et initiateur du futur Beer Palace, dA�clare vouloir faire de Bruxelles une ville oA? les A�vA�nements, de prA�fA�rence privA�s, ne s’arrA?tent jamais, Alain Courtois se fA�licite des dA�monstrations de motocross sur le piA�tonnier et de l’A�cran publicitaire gA�ant bientA?t installA� sur le bA?timent administratif, le tout sur fond d’accords avec des tour-operators chinois afin de booster l’A�conomie des boulevards centraux transformA�s en A�A�Belgian AvenueA�A� oA? nos spA�cialitA�s seront A� l’honneur, frites, gaufres, biA?res, chocolat et Manneken Pis (made in China) A� volontA�, et oA? la Ville verrait bien aussi s’installer les Galeries Lafayette. Tout un programmeA�!

OA? est donc la notion d’espace public dans tout celaA�? En quoi le citoyen est-il invitA� A� se le rA�approprier, si ce n’est en allant s’asseoir sur des bancs sans dossier qui ne l’inviteront A� rien, sinon A� ne pas s’y attarder et A� reprendre sa route vers un autre commerce, vers d’autres achats, vers un autre A�vA�nementA�?

.

a�? Quels commerces survivront-ils A� ces mutations, sur le piA�tonnier et autour du piA�tonnierA�? Lire A� ce sujet le dossier de l’ARAU

Tout porte A� croire que seuls les plus gros s’en sortiront, c’est une question de bon sensA�! Les autres ne pourront survivre A� de longs mois de travaux, de nuisances sonores, de pollution autour du piA�tonnier, bref, A� toutes les A�A�incidencesA�A� qu’une A�tude sA�rieuse aurait du anticiper afin d’en rA�duire les effets nA�fastes au minimum.

Certains commerces, hors Horeca, ont dA�jA� vu leur chiffre d’affaires chuter de maniA?re inquiA�tante : qu’A� cela ne tienne, la Ville reste sourde A� ces appels et dA�nonce la partialitA� des enquA?tes rA�alisA�es sur le terrain pour des raisons de politique politicienne qui ne l’honorent pas. Les seules rA�ponses qu’elle apporte pour A�A�booster le commerceA�A�A�: l’opA�ration A�A�I shop on SundaysA�A� (jusqu’ici I flop on Sundays) et une campagne d’affichage aux slogans aussi affligeantsA�que les affiches sont tristes ! (photos en fin d’article).

  • DemandeA�: La Platform Pentagone attend de la Ville qu’elle prenne la mesure du danger qu’elle fait courir A� toute une sA�rie de commerces, consA�quence directe d’un piA�tonnier mal prA�parA� et mal pensA�. En outre, La Platform s’inquiA?te des dA�rives vers une ville oA? l’A�vA�nementiel-dA�mentiel prendrait le pas sur une ville habitable, et demande avec insistance un dA�bat public A� ce sujet.

.

DA�mocratieA�: Avis de recherche

Face A� tous ces constats, La Platform Pentagone s’inquiA?te de l’absence systA�matique de prise en considA�ration des citoyens, qu’ils soient habitants ou commerA�ants, ainsi que des libertA�s prises par la Ville de Bruxelles avec les lois, rA?glements, dA�crets qui s’imposent A� tout un chacun, optant pour la politique du fait accompli, sans vA�ritable concertation, et demandant d’adhA�rer A� un projet dont personne ne connaA�t, en dA�finitive, ni les intentions, ni la nature exacte.

Autant proposer au citoyen d’acheter un chat dans un sac. Un sac dont on lui laisserait bien sA�r choisir la couleur, par le biais d’une enquA?te publique…

Bruxelles, le 16 septembre 2015

+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

.

La Platform Pentagone tient A� rappeler qu’elle est favorable au principe d’un (ou de) piA�tonnier(s) et qu’elle souhaite, in fine, une rA�elle rA�duction de la pression automobile et cela, de maniA?re globale et non pas uniquement sur les 50ha du piA�tonnier des boulevards centraux et de la zone Unesco. Sans passer par la caseA� A�A�tudes d’incidences A� ni celle de la concertation, cela paraA�t tout simplement illusoire.

LA PA�TITION

A� trio