On fait des petits trous et puis on bouge…

Els Ampe : « Grâce à la méthode Stross, on ne va pas toucher à la place : on fait des petits trous et puis on bouge » …

Les explications de la méthode, données par Els Ampe lors du Conseil communal de la Ville de Bruxelles, 9 février 2015.


Quelques exemples de construction de parkings souterrains par la méthode Stross, à Liège, Middelkerke et Roeselaere. Stross Stross2

Stross3

Source : Documents de la Haute Ecole Helmo-Gramme

MiddelkSource Bureau d’Etudes Ch. Lobelle : Le béton dans tous ses états à Middelkerke

 

MarktpleinMiddelkerkeBordOndergrondsParkeercomplexSource : blog.seniorennet.be Hoeveel heeft die ondergrondse parking dan wel gekost, misschien?

Middelk2

werf054.jpg.940x940_q85Source  : http://www.persyn.be

Roeselaere StrossSource : http://www.vtiroeselare.be

 

 

 

 

 

 

 

 




Parkings en chantier, arbres en danger !

Tous ceux qui habitent en ville le savent : les places et les rues bordées d’arbres contribuent au bien-être, à la détente, à la convivialité, mais aussi et surtout, ces « fabriques d’oxygène » jouent un rôle important dans la qualité de l’air que nous respirons. 

0P1800210Du reste, ils contribuent à donner de la vie aux quartiers, bien plus qu’on ne l’imagine… Dans son excellent Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta raconte, au sujet de l’avenue de Stalingrad :

« Jusqu’au milieu des années 1940, elle était bordée de platanes, mais ils furent abattus à la demande de nombreux commerçants de l’avenue, affligés de l’assombrissement dont pâtissaient leurs vitrines à cause de ces grands arbres trop feuillus. Dénuée de sa parure, l’avenue paru laide et déserte… et la clientèle des magasins se raréfia encore. »

Voilà qui donne à réfléchir…

Qu’en est-il du projet qui nous occupe ? Les 4 places où sont prévus les parkings sont plantées d’arbres. Dans le cas de la Place du Nouveau Marché aux Grains et du Quai du Commerce, il s’agit d’arbres à hautes tiges, en l’occurrence, des platanes.

Qu’adviendrait-il de ces arbres, si la Ville de Bruxelles s’entêtait dans ses projets de parkings ?

L’échevine de la Mobilité se veut rassurante, mais… Le cahier des charges ne mentionne qu’un laconique « Il y a lieu de » préserver les arbres de la place. Autrement dit, de belles intentions mais rien de concret.

Or, malheureusement, les exemples abondent de chantiers et travaux de voirie lourds, en surface ou en sous-sol, où il a fallu procéder, quelques années après, à l’abattage d’arbres dont les racines avaient été irrémédiablement endommagées par les travaux en question ou qui ne trouvaient plus, dans un sous-sol modifié par les constructions, les éléments nécessaires à leur survie…

On se souvient, par exemple, des marronniers de l’avenue Louise, abattus 5 ans après le réaménagement, par la STIB, de l’arrêt de tram au croisement de l’avenue Legrand: un rapport du bureau Arboriconseil confirme d’ailleurs le motif de leur abattage.

Un architecte-urbaniste présent lors de la rencontre entre l’Echevine de la Mobilité et les habitants (9/12/2014, Salle des Milices de l’Hôtel de Ville) s’est exprimé on ne peut plus clairement à ce sujet : laisser croire que l’on pourra construire un parking sous la Place du Nouveau Marché aux Grains et ses magnifiques platanes sans signer, à terme, leur arrêt de mort, relève du mensonge. Une attitude irresponsable qu’il n’a pas hésité à qualifier de scandaleuse !

La menace qui pèse sur les arbres est donc bien réelle !

Voici d’un exemple de construction de parking souterrain, à Paris (Boulevard Saint Michel, artère bordée d’arbres). L’entreprise qui avait réalisé les travaux en 1997 avait affirmé que les arbres seraient préservés :

« On utilise une hydrofraise “latine”, outillage le mieux adapté à l’exigüité de l’emprise du site tant au sol qu’en hauteur (passage entre et sous les arbres) et à la présence de terrains durs… »

Tout est sous contrôle ! Dormez tranquilles, braves gens, nous dit ce prospectus, en 1997… Mais qu’en est-il aujourd’hui  ?

Voici une capture d’écran de Google Street, à l’endroit où on été réalisés les travaux. Image3

Les 2 deux tiers sont de jeunes pousses qui ont été plantées à la place des arbres d’origine qu’il a fallu abattre : pourris par les racines, ils étaient devenus instables et dangereux.

En plein centre ville, les arbres ne sont pas un luxe, ils sont tout simplement indispensables! Une raison supplémentaire de s’opposer à la construction de parkings qui eux, sont inutiles…




Affiches YSER et les Quais

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Yser & les Quais : Cahier des Charges

Yser et les Quais : Cahier des charges
Localisation du parking prévu par la Ville de Bruxelles

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Place de l’Yser et les Quais : un peu d’Histoire

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L’ancien Pont du Rivage, à l’emplacement de l’actuelle Place de l’Yser

Cette place n’était jadis qu’un prolongement du boulevard d’Anvers qui se terminait au pont du Rivage qui franchissait l’ancien lit du canal de Willebroeck. En 1910, lorsqu’on eut créé le large canal Maritime dans l’axe du canal de Charleroi et comblé le bassin du Commerce, le pont tournant du Rivage perdit toute utilité, de même que les voies d’eaux environnantes. On assécha et on nivela le tout. La vaste place ainsi dégagée reçut le nom de Place Maritime, en hommage à la société des Installations Maritimes de Bruxelles. En 1919, on la rebaptisa Place de l’Yser en souvenir des longues batailles de tranchées de la Première Guerre mondiale.

Les Quais :

Dans les années 1550, Bruxelles prit la décision de creuser le canal de Willebroek pour contourner la ville de Malines, afin d’éviter le paiement de taxes à cette ville par les bateliers qui la traversaient sur la rivière Senne, lors du transport des marchandises destinées à Bruxelles.

Dès le 18e siècle, le port de Bruxelles devenait accessible à des navires de mer grâce au prolongement du canal jusqu’au Rupel, affluent de l’Escaut, ce qui créait la liaison avec le port maritime d’Anvers.

Le port intérieur de Bruxelles, autour du Bassin Sainte-Catherine, fut un important centre de distribution de marchandises jusqu’au début du XXe siècle, lorsque les bassins furent comblés. Ceux-ci sont néanmoins reconnaissables aujourd’hui grâce aux noms des rues : quai du Commerce, quai au Bois à brûler, quai à la Houille, quai aux Barques, quai au Foin, quai au Bois de Construction.

Le quai du Commerce, aujourd’hui avenue ombragée de grands arbres, coïncide à peu près avec l’emplacement de l’ancien « Grand Bassin » du Commerce qui fut comblé en 1911. Seule sa rive orientale (numéros impairs) fut un vrai quai. L’autre rive longeait le vieil entrepôt de Bruxelles. Pendant tout le XIXe siècle, ce bassin du commerce constitua le véritable port intérieur de Bruxelles et pouvait accueillir 150 bateaux; il fut comblé au début du XXe siècle, lorsque le nouveau port fut construit le long du canal maritime. L’entrepôt fut alors supplanté par l’entrepôt royal, plus connu sous le nom de Tours et Taxis. Dans l’entre-deux-guerres, les abords de l’ancien Grand Bassin furent lotis d’une série d’immeubles à appartements de style art déco ou fonctionnaliste.

 

mon-colombophiles_5Le Square des Blindés et sa statue dédiée au Pigeon Soldat.

C’est jusqu’au Square des Blindés que les plans du cahier des charges prévoit d’étendre le parking appelé « Yser », soit une zone de plusieurs centaines de mètres de longueur, qui a tout récemment fait l’objet d’un réaménagement dans le cadre des Contrats de Quartiers, sous le nom de Promenade Verte… 

Le but est-il de tout défaire pour construire un parking?