Beer Temple, le recours…

Communiqué de presse – 27 mars 2019

Absence
de débat démocratique, marchandisation d’un équipement public,
atteinte à un patrimoine classé et folklorisation du centre
historique : IEB, l’ARAU et des habitants ont introduit un
recours en annulation devant le Conseil d’État contre le permis
relatif au réaménagement de la Bourse en « Centre
d’expérience de la bière ».



Regroupés au sein de la Platform Pentagone, l’ARAU et Inter-environnement Bruxelles ont introduit un recours au Conseil d’État en annulation du permis d’urbanisme délivré le 13 novembre 2018 par la Région à la Ville de Bruxelles pour la restauration et la réaffectation de la Bourse de Bruxelles. Pour rappel, la pétition lancée pendant l’enquête publique à l’été 2017 a récolté plus de 7.000 signatures1 ! Les associations demandent une remise à plat du dossier.

  • 1. Les raisons initiales de la critique du milieu associatif et des habitants: une nouvelle affectation choisie unilatéralement par la Ville de Bruxelles, qui ne repose sur aucune légitimité

Le
projet de reconversion de la Bourse en attraction dédié à la bière
belge n’a jamais fait l’objet d’un débat public : il
repose sur une décision prise en coulisse de manière autocratique
par la Ville de Bruxelles. Beaucoup d’autres idées auraient pu
être mises sur la table de manière transparente en amont d’un
choix de reconversion, mais la Ville a fait l’impasse sur la
participation avant d’imposer un projet clé sur porte : ce
projet a été développé avec une asbl issue de la Fédération des
Brasseurs Belges2
qui cherchait un nouvel écrin pour la promotion de son activité (la
Maison des Brasseurs de la Grand-Place étant trop exiguë).

Donner
une accessibilité publique à la Bourse est une bonne chose, mais
les importantes sommes d’argent public investies pour ces travaux
(Ville, Région, Férédal, fonds européen FEDER3)
justifieraient une affectation débattue qui rencontre les besoins et
aspirations des habitants et non ceux du lobby de l’industrie
brassicole. La rénovation de ce bâtiment emblématique sert
effectivement avant tout un projet commercial et touristique privé
– 4.200 visiteurs par jour sont attendus, soit 1.500.000 visiteurs
par an (environ le double de la fréquentation de l’Atomium). Les
incidences de ce projet touristique sur l’habitabilité du centre
historique et son impact sur l’évolution commerciale du
centre-ville n’ont par ailleurs pas été sérieusement étudiés.

  • 2. Les faiblesses juridiques du permis

  • 2.1. Le Belgian Beer World n’est pas un équipement d’intérêt collectif mais un projet commercial et touristique : CECI N’EST PAS UNE MISSION DE SERVICE PUBLIC

Au Plan Régional
d’Affectation du Sol, la Bourse est affectée en équipement
d’intérêt collectif. Ces équipements doivent remplir une mission
d’intérêt général ou public. Or, les affectations proposées
dans le permis ne remplissent pas les conditions légales de cette
définition. Le centre d’expérience de la bière, fonction première
du projet, développe au contraire une attraction essentiellement
touristique et lucrative. En réalité, sur la superficie
globale du projet de 12.493 m², musée Bruxella 1238 compris, seuls
5.409 m² peuvent être considérés comme des équipements. Le reste
des 7.084m² remplissent une fonction commerciale et touristique.

Par ailleurs, les établissements commerciaux
(de type HORECA ou autres) ne sont normalement admissibles en zone
d’équipements que s’ils constituent le complément usuel des
équipements d’intérêt collectif.

Le recours rappelle que,
dans le dossier de presse qui annonçait le projet de Belgian
Beer Palace
, le consortium exposait sa
volonté de « faire du Beer Palace
une « marque culturelle ou commerciale forte », une
« attraction pour tous les publics », dans laquelle « chaque
visiteur doit avoir envie de porter la marque Belgian Beer Palace »,
car  » le merchandising est un outil primordial, en cours ou en
fin de visite ».
». Ce même
dossier de presse annonçait une part de 70% de touristes dans son
public potentiel global.

Le recours en conclut
qu’ « il ressort à
l’évidence que l’objectif recherché est de promouvoir la
consommation des bières belges qui font partie du catalogue des
brasseries représentées par la Fédération des brasseurs belges
[AB InBev] et ce, principalement à un public touristique.
 »

  • 2.2. Le projet démolit des parties d’un bien classé : CECI N’EST PAS UNE RESTAURATION.

L’article
232 du CoBAT interdit de « démolir
en tout ou en partie un bien relevant du patrimoine immobilier
classé
 ». Or, le permis autorise
la démolition partielle d’un monument classé par la suppression
d’éléments entiers, entre autres pour l’ouverture de nouvelles
baies aux entrées latérales (le percement d’une partie du
soubassement, du côté de la rue au Beurre). Il s’agit également
de la destruction d’une partie des verrières, du changement du
revêtement du sol, et de l’atteinte aux vestiges archéologiques.
Sur ce dernier point, une pétition4
avait également été lancée pour alerter sur le percement des murs
du 13e
et 15e
siècles, prévu dans le projet pour permettre un nouvel accès au
musée Bruxella 1238 depuis la Bourse.

Comme
le précise le recours, « le
permis prévoit la démolition du soubassement sur une hauteur de
3,50 mètres et sur une largeur de plus de 8 mètres. La structure
originelle du bâtiment est modifiée, et pour tous les travaux cités
plus haut, on ne peut parler de « restauration ».
 »

En
outre le permis autorise une rehausse avec une dérogation à
l’article 8 du Titre I du RRU concernant la hauteur des bâtiments.
Cette rehausse, découlant de la volonté d’exploiter le toit de la
Bourse en bar, surmonté d’une gaufre géante, n’est pas
acceptable.

  • 2.3. Les incidences sur l’environnement n’ont pas été sérieusement prises en compte, les alternatives sont inexistantes : CECI N’EST PAS UN RAPPORT D’INCIDENCES.

Le
Rapport d’Incidences Environnementales de la demande de permis
relève des incidences notables sur l’environnement mais ne propose
aucune solution pour les réduire. Le demandeur doit pourtant
démontrer qu’il a envisagé plusieurs solutions raisonnables en
considérant les impacts du projet sur l’environnement. Il doit
normalement justifier son choix et présenter des mesures pour
éviter, prévenir ou réduire les incidences négatives. Seul un
examen comparé des options et de leur impact permet à l’autorité
de statuer en connaissance de cause. Le dossier n’en contient pas.
En effet, aucune alternative susceptible de répondre aux problèmes
inhérents au projet n’a été envisagée (via la suppression de la
nouvelle entrée et de la terrasse en toiture, la diminution du
nombre de commerces, ou la possibilité d’un autre type
d’équipement public, par exemple).

Par ailleurs, le rapport d’incidences ne prend pas en compte les effets cumulés des différents projets d’urbanisme en cours autour de la Bourse (piétonisation et réaménagements des espaces publics), notamment en termes de nuisances sonores. Aucune mesure du bruit n’a été effectuée.

++++++++++++++++++++

1
https://www.change.org/p/sauvons-la-bourse-non-au-temple-de-la-bi%C3%A8re

2
L’asbl Belgian
Brewers
regroupe seulement 30
brasseries, dont
aucune bruxelloise
, avec en tête Ab InBev, autant impliqué
dans le Belgian Beer World
que dans l’affaire des « Panama Papers »
(dissimulation de fortunes dans des paradis
fiscaux).

3
Fonds publics investis dans le projet : 7,2
millions € du Fonds FEDER, 5 millions € pour la Ville de
Bruxelles, 5 millions € de Beliris (Fédéral), 5 millions € de
la Région de Bruxelles-Capitale.

4
« Vestiges archéologiques en péril à Bruxelles : sauvez
Bruxella 1238! » :
https://www.petitions24.net/vestiges_en_peril_a_bruxelles_sauvez_bruxella_1238




D’autres modèles de piétonnier sont possibles : les suggestions de la Platform Pentagone

Rappel des différents scénarios proposés
dès janvier 2016 par la Platform Pentagone

Dans un plan de mobilité élaboré dans les règles,
ces scénarios auraient pu figurer dans une étude d’incidences
et être soumis à un véritable processus de concertation
avec l’ensemble des acteurs du dossier

  1. Une piétonisation mieux partagée

    Le principe de 50 ha de zones piétonnes, mais plus modestes, plus conviviales, réparties sur de petites places et rues de l’ensemble du Pentagone, plutôt que les boulevards centraux (scenario « no car » du bureau Secchi-Vigano publié par la région dans
    Bruxelles 2040, trois visions pour une métropole). Ce scénario aurait, en outre, l’avantage de réduire considérablement les coûts du projet.

  2. Scenario « trafic limité »

    Mise en place d’une « zone à trafic limité » dans tout le pentagone (accès réservé aux riverains, jeu sur la temporalité des accès), modèle de plus en plus repris en Italie et en France à la faveur des habitants.

  3. Scenario « espace partagé »

    Un espace partagé permettrait de donner la priorité non seulement aux piétons mais aussi aux cyclistes et aux transports en commun. Dans tous les cas, un projet de réaménagement du centre-ville ne peut faire l’économie, comme la Ville l’a fait arbitrairement, de la coopération avec la STIB et la Région en vue du renforcement de l’offre de transports en commun de surface, plus visible et confortable que le souterrain et, par exemple, l’étude d’une ligne de tram en surface

  4. Scenario « Plan communal de mobilité (PCM) bis ».

    Beaucoup l’ignorent mais la Ville a élaboré en 2009-2011 un Plan communal de mobilité qui comprenait des études sérieusement menées. La moindre des choses dans le cadre de la continuité administrative, du respect de l’administration, du public et des bureaux d’études concernés, serait de repartir de ce plan. La partie relative au Pentagone était basée sur une série de boucles de dessertes visant à évacuer le trafic de transit de l’hyper-centre et à favoriser l’habitat.

  5. Scenario Plan Nomo bis

    Ce scenario, largement soutenu par les associations et les spécialistes de la mobilité comprenait globalement moins de voitures (objectif 50%) par l’application du Plan Nomo de 2000.

    NB : Ces différents scénarios n’excluent en rien d’autres mesures, en amont du centre-ville, notamment:
    – parkings de dissuasion et péage à l’entrée de la Région bruxelloise,
    – renforcement des transports en commun : pour rappel, plusieurs lignes de bus ont été éloignées de l’hyper-centre,
    – bus ou trams sur les zones piétonnes (Gand, Bordeaux, Montpellier, Londres,…).




CHARTE DE SURVIE DU PIÉTONNIER DE BRUXELLES : INITIATIVE CITOYENNE

UNE INITIATIVE DES ACTEURS DU CENTRE_VILLE
soutenue par la PLATFORM PENTAGONE

LE VÉCU AU PIÉTONNIER À BRUXELLES-VILLE

Les habitant.e.s, artisans, commerçants et associations citoyennes du piétonnier et rues voisines de Bruxelles,

* veulent que le piétonnier réussisse et demandent dès lors que le voisinage et l’environnement, soient respecté : installer un piétonnier est plus que chasser la voiture, c’est organiser le vivre-ensemble ;

* sont heureux de pouvoir accueillir les touristes bruxellois, belges et du monde entier : que toutes et tous puissent s’y promener, faire une terrasse, tranquille, sans voitures, en plein air bien qu’en ville !

* veulent que tous puissent y apprécier les artistes d’ici et d’ailleurs. Construit avec l’argent public, il doit rester un lieu public agréable pour promeneurs et habitant.e.s. ;

* y habitent, y vivent, y travaillent : ils veulent leurs lendemains sans stress ;

* affirment que le piétonnier est un bol d’air, qui amène aussi des problèmes :

* un bol d’air pour tous sur le piétonnier : c’est excellent ;

* un bol d’air qui déplace la pollution vers les rues avoisinantes : c’est injuste ;

* un bol d’air saturé de nuisance sonores nocturnes : la place St-Géry en est un exemple accablant ;

* un bol d’air qui amène des problèmes sociaux fulgurants : leur gestion structurelle humaine est nécessaire ;

* veulent que le piétonnier ne pourrissent pas leur environnement : à bas le piétonnier

* -kermesse-perpétuelle, aire-pour-brutes la nuit ;

* -resto-buvette-permanent à ciel ouvert la nuit ;

* -dortoir pour sans-abri, drogués ou soûlards la nuit ;

* -événements-sans-fins pour un certain tourisme de jour et de nuit ;

* -attrape-voitures vers des nouveaux garages aux alentours proches ;

* -qui-gentrifie et déloge les habitants ;

* demandent aux autorités communales, responsables du piétonnier, d’y organiser une gestion stricte tenant compte des besoins de vie des milliers d’habitants. Comme nombreux y vivent dans des logements de la Régie foncière gérante du patrimoine de la Ville, elle aussi est de facto coresponsable tant de la bonne gestion du piétonnier, environnement de beaucoup de ses logements, que du combat contre la gentrification causée par toutes sortes de politiques touristiques, immobilières, … ;

* veulent la réussite du piétonnier et de ses rues environnantes. Ils y vivent, ils y dorment, ils y travaillent, ils veulent y rester habiter. Ils veulent que les commerces de proximité et d’artisanat y restent.

Recommandations

Pour que le piétonnier soit vivable et que cette Charte vive, les habitant.e.s recommandent aux autorités de la Ville :

* de respecter elle même cette Charte, orientation de base du piétonnier, par l’éducation active des gens et l’application effective des lois, ordonnances et règlements concernés, aussi la nuit ;

* de respecter la fonction « logement » des habitations (de la Régie foncière, du CPAS et du privé) le long et autour du piétonnier et de se rappeler ainsi que le piétonnier est une zone habitée où les un.e.s et les autres se respectent. Un texte réglementaire de principe sur ce qui est vivable est à convenir avec les habitant.e.s et commerçants ;

* d’intégrer dans la gestion, un observatoire civique avec représentants des habitant.e.s (cocolo), des commerçants, de la police, des nettoyeurs, du Collège, de la STIB, … ;

* d’apposer sur le piétonnier et lieux adjacents y compris les cafés, des beaux panneaux publiant cette Charte ;

* d’installer au n° 17 du boulevard Anspach une antenne de police de proximité, une antenne de Bravvo, une antenne des travailleurs sociaux de rue et un local des habitant.e.s ; tous diffuseront cette Charte auprès de leur public, de manière pro-active et l’appliqueront jour et nuit, de manière adaptée à leur fonction ;

* d’organiser une gestion éducative et effective, sans laxisme (non = non, oui = oui) :

* respect du droit au sommeil : après 22h pas d’amplis, de radios, pas de DJ’s ni de cris machos ;

* consommation : après 23h pas de vente d’alcool pour la consommation ambulante ;

* terrasses : bruit limité aux normes légalement acceptées et une heure de fermeture précise ;

* hygiène : toilettes publiques F/H propres, collection correcte des poubelles publiques et des habitants ;

* interventions culturelles : avec inscription préalable et règlement stricte ;

* d’engager des personnes et un budget de fonctionnement pour la gestion publique, jour et nuit.




Enquête publique Bourse – Beer Temple : Lettre-type

BEER TEMPLE – ENQUÊTE PUBLIQUE

Lettre-type à envoyer à l’Urbanisme au plus tard le 29 septembre à minuit à

commissionconcertation.urbanisme@brucity.be

Concerne : Enquête publique relative à la demande de permis d’Urbanisme PU A-627/2017

Mesdames, Messieurs les membres de la Commission de concertation de Bruxelles-Ville,

Les boulevards centraux de Bruxelles sont le coeur de notre ville, de notre Région. La Bourse est au centre de nos boulevards. Son devenir, comme celui de notre démocratie urbaine, nous regarde tous !

Or, nous assistons actuellement, dans le coeur de à Bruxelles, à une multiplication de projets qui consistent trop souvent à transformer espaces ou équipements publics, au profit d’activités événementielles ou touristiques et au détriment du patrimoine, du cadre de vie des habitants, de la mixité des commerces et du droit à la ville pour tous ses usagers.

Je suis persuadé(e) qu’il y a beaucoup mieux à faire, avec les 30 millions d’euros de ce coûteux projet, que de livrer la Bourse aux grands acteurs d’une économie mondialisée.

Je vous prie donc de bien vouloir prendre note de mon opposition à ce projet qui va défigurer le bâtiment de la Bourse de manière irréversible et contribuer au développement du tourisme festif dans le centre-ville.

[ Si vous souhaitez être présent.e à la commission de concertation, insérez la phrase suivante ]
Veuillez noter également que je souhaite assister et être entendu(e) à la Commission de concertation du mercredi 11 octobre 2017. Merci de m’informer de l’heure à laquelle elle se tiendra.

Cordialement,

Nom, Prénom

[ Si vous souhaitez développer les raisons de votre opposition au projet, vous pouvez vous inspirer, en tout ou partie, des points suivants ]

Voici mes remarques et questions :

  1. Genèse du projet

    Comment ce projet est-il né ? Qui en a eu l’idée ? Dans quel cadre ?

S’il faut saluer l’initiative d’ouverture du bâtiment de la Bourse au public, force est de constater qu’il s’agit surtout d’une mise à disposition, sans concertation, d’un espace partiellement occupé, au deuxième étage, par un musée de la bière et, aux étages inférieurs ainsi qu’en terrasse, par de vastes zones, type Horeca, dédiées au commerce de la bière.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu une recherche plus approfondie sur la programmation et sur les possibles destinations du bâtiment ?

Pourquoi ne pas avoir associé les citoyens à ce processus afin d’éveiller leur intérêt, d’encourager leur participation, et, au bout du compte, d’emporter leur adhésion ? Depuis l’annonce la réaffectation de la Bourse, plusieurs idées d’alternatives à ce projet monolithique ont d’ailleurs spontanément circulé : Musée du Capitalisme, salle de spectacles, Maison du Peuple, Musée de l’Histoire de l’Immigration en Belgique, Fondation…

Le volume total disponible sur l’ensemble des étages du bâtiment permettrait aisément d’en faire un espace multifonctionnel abritant ces différents projets.

  1. Aspect patrimonial : démolitions et transformations irréversibles

    1. La gaufre géante surmontant le « skybar » :

      Outre son esthétique douteuse, la pose de cet « auvent doré » engendrera des démolitions irréversibles de parties de la toiture, alors que le bâtiment est classé. A noter qu’en raison de sa localisation, la terrasse n’offrira aux visiteurs-consommateurs qu’une vue décevante sur les gaines de ventilations des restaurants et des hôtels voisins, plutôt que sur un réel panorama.

      Pourquoi ce geste architectural clinquant et gratuit ?

    2. Éventrement du soubassement de l’angle Est du bâtiment :

      Alors qu’il existe deux entrées monumentales, le choix s’est porté sur la création d’une troisième ouverture. Celle-ci sera percée dans un des angles du bâtiment au niveau de la rue au Beurre et de la rue Tabora. Le projet prévoit donc la démolition d’une partie de l’édifice et l’aménagement d’une vitrine et d’un escalier, dans le but de mener directement les touristes, venant de la Grand Place et de la rue de Tabora, vers le Beer Temple.

      Quelle sera la prochaine étape ? Un tapis mécanique ?

Dans les documents de la demande de permis, ces transformations, minimisées, sont reprises sous la formule « zones déconstruites pour permettre la réalisation des interventions contemporaines nécessaires à la réaffectation ».

Personne n’est dupe de ce jargon, il s’agit bel et bien de démolitions : je m’y oppose fermement. S’agissant d’un bâtiment classé et situé la zone UNESCO, l’autorisation du percement de cette entrée supplémentaire pose question !

  1. Nuisances sonores engendrées par le bar-terrasse

    Sur le plan des incidences pour les riverains, les documents soumis à l’enquête publique contiennent des affirmations erronées, selon lesquelles les décibels ne s’additionnent pas, avec pour conclusion que le bruit généré par cette terrasse festive se mélangeraient aux bruits des terrasses des cafés existants, sans nuisance supplémentaire.

Il s’agit là d’une affirmation fantaisiste, voire mensongère, sans doute destinée à apaiser les inquiétudes des riverains, mais qui ne repose sur aucune base scientifique sérieuse. En outre, les 1.500 pages de l’enquête publique restent très évasives sur les heures d’ouverture (et donc, de fermeture) du « skybar », sous la gaufre géante.

Les membres de la commission de concertation peuvent-ils apporter des éclaircissements sur ces points ?

  1. Concurrence avec les cafés alentour : est-ce le rôle des pouvoirs publics ?

AB InBev (Jupiler, Leffe,…), principal partenaire privé du projet, est bien connu pour ses bénéfices (énormes) et le peu d’impôts (quelques centaines d’euros) versés en Belgique.

Mais ce géant de la bière a également à son actif la fermeture arbitraire, « pour transformation », de plusieurs cafés bruxellois, populaires et appréciés (le Daric, le Liberty, et aujourd’hui le Coq, à Ixelles, menacé de devoir fermer ses portes fin décembre).

Les raisons invoquées à chaque fermeture sont floues, voire inexistantes, parlant de « nouveau concept attrayant » permettant d’apporter une « contribution supérieure » au quartier. De la pure langue de bois, au mépris de la vie des quartiers concernés et des liens existants, notamment dans ces cafés et grâce à ces cafés où tout le monde se connaît.

Il est particulièrement inquiétant de voir les pouvoirs publics s’associer à de tels partenaires. De plus, s’il devait voir le jour et rencontrer le succès escompté (300.000 à 400.000 visiteurs/consommateurs sont attendus), le Beer Temple représenterait immanquablement une concurrence directe et déloyale envers les cafés existants, une concurrence dont la Ville de Bruxelles serait le fer de lance.

En tant que citoyens, nous attendons des pouvoirs publics qu’ils jouent leur rôle de régulateurs entre intérêts publics et privés, plutôt que de conclure, en aparté, des projets démesurés avec les promoteurs et les investisseurs aux appétits les plus féroces, sans culture et sans états d’âme.

  1. Développement débridé du tourisme de masse dans le centre-ville

    « Nous avons fait le pari d’un Bruxelles qui n’arrête jamais et où il se passe tout le temps des choses. Plus il y a d’événements, mieux c’est! L’idée, c’est qu’il y ait toujours quelque chose à faire à Bruxelles. »

Ainsi s’exprimait Philippe Close, alors Echevin du Tourisme, dans, La Libre du 22 juin 2015 à la veille de l’inauguration de Bruxelles-les-Bains et de l’ouverture du « plus grand piétonnier d’Europe ».

Le projet transformation de la Bourse en Beer Temple, au coeur d’un piétonnier « attractif », s’inscrit dans cette vision du potentiel du centre-ville, une vision à très court terme et sans prise en compte des incidences sur le tissu urbain existant.

Pourquoi avoir choisi un bâtiment comme la Bourse et vouloir concentrer le tourisme dans une micro-zone alors que Bruxelles regorge de Brasseries dans des quartiers à dynamiser ?

Certaines villes européennes ont entamé un processus de réflexion sur le tourisme de masse et ses limites. « Vivre la ville », un réseau d’associations de 50 villes d’Europe, s’est mis en place pour que l’habitabilité en ville ne soit pas mise à mal par un tourisme devenu envahissant.

L’une des principales nuisances constatée et dénoncée, dans ces villes, est celle du tourisme alcoolisé. De ce point de vue, l’affectation d’un monument de notre patrimoine à la bière (essentiellement industrielle) envoie un signal particulièrement malvenu.

« L’idée qu’il faille se battre contre les grandes métropoles européennes sur le marché de la fête est une idée relativement neuve. Elle s’explique par l’émergence ces quinze dernières années d’un nouveau segment de touristes: les «city-breakers», ces touristes qui épuisent une métropole en un week-end. Le développement concomitant des vols low-cost et d’Airbnb a fait chuter considérablement le prix d’un voyage à l’étranger, permettant à un public jeune de multiplier ces courts séjours. »

Après Berlin ou Barcelone, Paris doit-il succomber au tourisme de fête ?

Bonne question ! Et Bruxelles ?

Étrangère aux réflexions de fond en provenance d’autres grandes villes confrontées à ces questions, évasive quant à sa propre réflexion, tout porte à croire qu’elle est prête à « succomber » à son tour, quitte à faire succomber ses habitants d’épuisement…

Or en 2016, Bruxelles-Ville était la seule des 19 communes où le nombre des habitats qui l’ont quittée était supérieur (2.260 ) à ceux qui ont choisi de s’y installer.

Des chiffres interpellants qui devraient inciter la Ville, ainsi que les membres de cette commission de concertation, à s’interroger sur la fonction touristique, si l’on veut éviter que la multiplication de projets (festifs, attractifs, événementiels) actuellement en cours, finisse par étouffer les autres.

Développer un tourisme responsable qui crée des emplois durables, c’est parfaitement possible : ce projet en prend, hélas, le chemin inverse.

 

  1. Néo-Bruxellisation : attention danger !

    Dans un passé récent, les Bruxellois ont déjà payé un lourd tribut, en termes de destruction de leur patrimoine, au nom de la “modernité” et de “l’ambition”. Ils en ont conservé un douloureux souvenir, toujours vivace, tandis que dans les universités du monde entier, cette période est étudiée sous le nom de Bruxellisation et définie comme la « destruction d’une ville en temps de paix ».

    Conjugué à la multiplication des projets de grande envergure, l’agenda politique de la Région fait craindre aux observateurs une nouvelle Bruxellisation :

    • Juin 2017 : tentative de suppression de « l’avis conforme » de la Commission royale des Monuments et Sites, maintenu sous la pression d’une pétition citoyenne, mais quelle est sa véritable marge de manoeuvre ?

    • Septembre 2017 : débat et vote de la réforme du CoBAT, modifié afin de « répondre aux attentes du secteur immobilier qui éprouve de grandes difficultés à développer des projets importants vu la longueur et la complexité des procédures urbanistiques et environnementales »
      (Rudi Vervoort, Le Soir, 25 mars 2016).

      Une « réforme » qui supprimait tout garde-fou face aux appétits des promoteurs et réduirait à néant les voix citoyennes – habitants, comités de quartier, associations – concernées par ces grands projets.

L’enquête publique de la Bourse est l’occasion de réaffirmer notre attachement citoyen à ces outils, garants et marqueurs d’une démocratie digne de ce nom.

Une démocratie que nous devons pouvoir continuer de défendre au coeur de la ville, sur les marches de la Bourse, au même titre que les moments de joie ou de peine partagées, sans avoir pour décor des panneaux, néons et autre matériel promotionnel pour un « Temple de la Bière .

En espérant que ces marches ne soient pas, un « beau » jour, purement et simplement privatisées, au nom de l’ambition, de la modernité, des « réalités économiques » … ou du miroir aux alouettes.

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Sur Facebook
Platform Pentagone –  Sauvons la Bourse Sauvez la Bourse du massacre

 

QUELQUES VISUELS DU PROJET

 




Commission de concertation : Extraits sonores et revue de presse

A écouter…

Quelques interventions de participant.e.s à la commission de concertation du mercredi 26 avril.

Dans le détail :

Marie-Anne Swartenbroekx, juriste et habitante du quartier Notre-Dame aux Neiges.
Aspects juridiques, pollution autour du piétonnier, spéculation

Isabelle Marchal, habitante du Nouveau Marché aux Grains.
Miniring, pollution, transports en commun, spéculation

Marie Caraj, habitante du quartier Saint Géry
Evénementiel, nuisances sonores

Valérie Berckmans, commerçante rue Van Artevelde
Miniring, accessibilité du centre-ville, difficulté des commerçants

François Belleflamme, avocat des commerçants
Aspects juridiques, mobilité, accessibilité du centre-ville

Hassan Kessas, commerçant de la rue du Midi
Aspect mobilité, accessibilité en ville, compétences, participation, démocratie

André Lhoits, habitant de la rue Antoine Dansaert
Absurdité du projet, aménagement, miniring, accessibilité en transports en commun, interdiction de manifester

Andy Lahou, habitant de Forest et usager du centre-ville
Urbanisme, effets cumulés des travaux, accessibilité et confort des transport en commun, espace public, Horeca, espaces verts, patrimoine.

 

REVUE DE PRESSE

Voici quelques échos de la commission de concertation. Un bon retour, ce qui n’était pas gagné d’avance, vu que la Ville avait très peu communiqué sur l’enquête publique et sur cette commission.

Et ensuite ?

Il ne faut pas s’attendre à des surprises et il est (plus que) probable que dès vendredi, la commission rendra un avis favorable, éventuellement assorti de conditions, comme c’était le cas lors de la demande de permis précédente. Les éléments principaux n’ayant pas fondamentalement changé (absence d’étude d’incidences, rapport d’incidence léger et limité au périmètre du pentagone, pas de concertation) le permis qui en découlera fera certainement l’objet de recours.


Action ?

Dans les semaines qui viennent, une action de blocage du miniring est envisagée, l’idée en avait été lancée lors de la dernière réunion plénière de la Platform.

A suivre…

D’ici là, continuez de diffuser, autour de vous, l’idée que
.
 



Piétonnier- Nouvelle enquête publique : Réagissez avant le 11 avril à minuit!

PIÉTONNIER MAL PENSÉ, PENTAGONE NON-APAISÉ

Près de deux ans après la fermeture des boulevards du centre, force est de constater qu’en termes de mobilité dans le centre-ville, ce plan de circulation n’a rien résolu.

Autour de la très large zone piétonne « où l’air est plus pur », de nombreuses petites rues subissent, au quotidien, le report de trafic des boulevards. A certaines heures, bruit et pollution, à la limite du supportable, y sont bien plus élevés qu’auparavant, avec des conséquences plus néfastes du fait de l’étroitesse des rues.

L’aménagement du piétonnier (bancs, fleurs,…) ne résoudra évidemment pas ces problèmes. Au contraire, une fois devenu « attractif », le trafic autour du piétonnier ne fera qu’empirer.

A ce jour pourtant, aucune étude de qualité de l’air n’a été effectuée dans ces rues (où l’on trouve des écoles, des résidences pour personnes âgées, un hôpital). A ce jour pourtant, l’accessibilité vers le centre-ville en transports en commun de surface n’a toujours pas été renforcée : pire, plusieurs lignes de bus en ont été éloignées du piétonnier dès la mise en route du projet.

La Platform Pentagone s’est toujours prononcée résolument en faveur de zones piétonnes, pour autant qu’elles soient bien pensées et que la notion de ville « attractive » soit avant synonyme de ville agréable à vivre ou à visiter, que l’on soit habitant, commerçant, travailleur, touriste (respectueux, de préférence)…

Nous sommes toutes et tous prêts à faire des efforts pour que la ville que nous habitons et que nous aimons devienne une ville apaisée. 

Mais nous ne pouvons accepter que, pour un projet qui se limite à une vitrine, aussi alléchante soit-elle une fois aménagée, toute une partie du centre-ville et de sa population soit purement et simplement sacrifiée. 

Un véritable projet de société inclusif est possible : c’est une question de volonté politique !

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Ces derniers jours, la Ville a beaucoup communiqué sur le fait que le piétonnier comptait de plus en plus d’adeptes et que la mobilisation s’essoufflait… mais très peu (voire pas du tout) sur l’enquête en cours.

Il s’agit bien évidemment d’une stratégie visant au découragement et à la résignation,  dans ce dossier long aux enjeux complexes.

Raison de plus pour réagir à l’enquête publique !

Vous pouvez bien entendu vous inspirer de ce texte, en tout ou en partie, des observations formulées sur cette page où vous trouverez par ailleurs tous les documents de l’enquête publique, y ajouter vos constats et remarques concrètes, propres au quartier qui est le vôtre.

A VOS PLUMES ET A VOS ECRANS !
Commissionconcertation.Urbanisme@brucity.be

Au plus tard le mardi 11 avril à minuit !

 




Enquête publique, deuxième demande – Documents et observations

L’enquête publique a commencé le 13/03/2017 et se termine le 11/04/2017 et la commission de concertation publique est prévue le mercredi 26 avril 2017 (heure à déterminer).

L’ensemble des documents relatifs aux deux enquêtes publiques liées à l’aménagement du piétonnier sont téléchargeables sur cette page, au bas de nos premières observations.

Avis écrits à envoyer au plus tard le 11 avril 2017 au Secrétariat de la Commission de concertation au service d’urbanisme de la Ville ou par e-mail à l’adresse :

 Commissionconcertation.Urbanisme@brucity.be

Vous pouvez vous replonger dans la lecture des remarques formulées lors de la première enquête et dans le  mode d’emploi que la Platform Pentagone avait rédigé à l’époque.

 

LES OBSERVATIONS DE LA PLATFORM SUR LA NOUVELLE DEMANDE

Pour l’essentiel, les projets d’aménagement pour lesquels des permis sont demandés sont identiques à ceux demandés en 2016, sous réserve des quelques modifications apportées au plan de circulation après la phase test, principalement :
remise en deux sens du Boulevard Lemonnier, réouverture de la rue du Midi entre Rouppe et Bogards, rétablissement d’un lien entre la rue Fossé aux Loups et le boulevard Adolphe Max et lien avec le bd. Jacqmain tout en maintenant une connexion locale de la place De Brouckère avec le Boulevard A. Max.

Un effort a cependant été fait en ce qui concerne la publication d’études, comptages etc., qui se trouvent dans les annexes : certaines ne sont pas neuves et étaient mentionnées dans le précédent permis (retiré) mais n’avaient pas été soumises à enquête publique; d’autres sont neuves. On y trouve même deux études indépendantes qui apportent des éléments de méthode bienvenus…. même si les auteurs du rapport d’incidences en tirent des éléments a posteriori qui leur conviennent alors que le diagnostic, qui devait constituer le socle de la décision, a manqué.

Dans certains cas, les études sont reproduites dans le rapport d’incidences : notamment une étude relative aux mesures d’une partie la pollution de l’air, via celle du « blackcarbon » (considéré comme significatif bien qu’il ne comprenne pas toutes les formes de pollution), et une étude acoustique.

En d’autres termes, les autorités ont été obligées de tenir compte d’une partie des critiques émises par les citoyens. 

Cependant, sauf petite exception, le périmètre de la zone étudiée reste inchangée et limitée aux boulevards du centre.

Malgré tout, les deux dernières études citées relèvent qu’une part de la contribution locale se voie désormais probablement significativement influencée par l’apport de polluants en provenance des rues adjacentes : contribution à la pollution de l’air (p. 16); contribution au bruit en journée qui augmente aux extrémités du piétonnier, probablement influencé par le bruit provenant des axes routiers limitrophes (en particulier du côté de la place de Brouckère et de la place Annessens).

Ces constats confirment la nécessité d’évaluer les incidences dans un périmètre plus large.

Suite aux critiques de l’auditeur du conseil d’Etat, le plan d’aménagement est désormais fondé sur  » règlement complémentaire de police relatif aux voiries communales située dans le Pentagone« ….. et non plus sur des règles temporaires. Pour rappel, un recours au Conseil d’Etat a été introduit contre ce règlement par Inter-Environnement Bruxelles et par des habitants du Comité Bru 1000. En effet, ledit règlement reprend le plan de circulation décidé sans évaluation des incidences et sans concertation.

Cependant, un « addendum » au rapport d’incidences a été demandé en matière de mobilité. Il comprend une étude de Bruxelles Mobilité qui examine la réversibilité de la piétonnisation des boulevards du centre. Bruxelles Mobilité a examiné quatre scénarios : 1) le scénario 0 avec mise en place complète du piétonnier et de ses aménagements; 2) scénario 1 : retour à la situation antérieure au piétonnier; 3) scénario 2 : ouverture du bd. Anspach aux deux sens de circulation; 4) scénario 3 : ouverture du bd. Anspach sur un sens de circulation. 

L’objectif de cet exercice est de fournir une idée du flux de véhicules empruntant le Bd. Anspach en prenant en compte les aménagement liés au piétonnier, et en fonction de différentes organisations des circulations motorisées. « Les résultats indiquent que l’aménagement proposé pour les boulevards est compatible avec l’ensemble des configurations envisagées, y compris un retour au fonctionnement des circulations en cours avant le 29 juin 2015 (moyennant quelques adaptations ponctuelles sur les carrefours et l’aménagement de traversées piétonnes » .

Le rapport de Bruxelles Mobilité indique donc  que  l’on peut conclure que le réaménagement des boulevards tel qu’envisagé est assez flexible que pour permettre une révision de la circulation en profondeur dans le futur et que, dans le cas extrême, il permet la réversibilité de la circulation. « Le choix futur du fonctionnement n’aura aucune répercussion, notamment en termes de mobilité ».

Difficile de savoir ce qui a inspiré cette étude de réversibilité. 

Il n’en reste pas moins que deux permis de bâtir sont demandés pour des aménagements très importants et très coûteux pour la collectivité (Beliris, c’est aussi nous tous) sans que le maintien du piétonnier sur les boulevards du centre soit garanti. Entre-temps la valorisation urbaine a déjà des incidences sur le marché foncier et immobilier. 

 

INVENTAIRE DES DOCUMENTS

BOURSE :

Dossier PU-B918/2015 – Place de la Bourse / Rue Henri Maus / Rue de la Bourse / Rue de Tabora derrière la Bourse / Rue du Midi derrière la Bourse

(*) Ces fichiers, très volumineux, peuvent être obtenus en envoyant un mail à info@platformpentagone.be

Demandes et Fiches particulières

(*) Ces fichiers, très volumineux, peuvent être obtenu en envoyant un mail à info@platformpentagone.be

Etudes historiques

Dossier D 928/2015 – BOULEVARD ANSPACH / PLACE DE BROUCKÈRE / BOULEVARD ADOLPHE MAX / RUE SAINT-MICHEL / BOULEVARD EMILE JACQMAIN / RUE GRÉTRY / RUE DES HALLES / RUE DU MARCHÉ AUX POULETS / RUE PAUL DEVAUX / RUE JULES VAN PRAET / RUE DES PIERRES / PLATTESTEEN / RUE DES TEINTURIERS / PLACE FONTAINAS

(*) Ce fichier, très volumineux, peut être obtenu en envoyant un mail à info@platformpentagone.be

Demandes et Fiches particulières

 




L’enquête publique : note juridique et réactions

Mise à jour 8 mars 2017

La procédure de nouvelles demandes de permis est lancée : des affiches rouges ont été apposées sur le boulevard.  Ces enquêtes débutent le 13 mars et se terminent le 11 avril. La commission de concertation est fixée au mercredi 26 avril.

Dès que les documents seront disponibles, la Platform Pentagone les analysera et communiquera un « mode d’emploi », comme lors des demandes précédentes.

D’ici là, vous pouvez vous replonger dans la lecture des « remarques formulées par les réclamants » (voir plus bas), pour évaluer ce qui, selon vous, a changé ou s’est confirmé, et préparer les arguments que vous souhaitez développer.

Image1

Voici la partie concernant les « remarques formulées par les réclamants »

3.2

Enquête publique :

Considérant que les remarques formulées par les réclamants dans le cadre de l’enquête publique, qui a duré 30 jours, portent sur les aspects suivants :

3.2.1

Général

– très mauvaise communication par rapport au projet ;

– manque de prise en compte de l’avis de la population, sollicite davantage de communication sur le projet, sur les implications et les mesures de transition proposées

– > prise en otage des riverains ;

– > manque de processus démocratiques et professionnels dans la mise en place du piétonnier.

> n’aurait-il pas été envisageable de se baser sur le système de contrat de quartier pour intégrer la population dans la réalisation du piétonnier ;

– pas de consultation des habitants/commerçants de Bruxelles avant la mise en place du piétonnier ;

– proposition de rattacher Saint-Géry au piétonnier ;

– faire attention à ne pas tomber pour certains dans une muséification et pour d’autre dans la Barcelonisation ;

– la crainte de tuer la ville par une désertion de ses habitants ;

– demande de zones de stockage – déstockage afin de gérer les livraisons d’achats dans le piétonnier ou les habitants qui rentrent avec de grosses courses ;

– proposition d’aménager des espaces de jeux pour enfants et de loisirs (tels que ceux proposés dans les aménagements provisoires : table de ping-pong ;

– ces aménagements participent à la collectivité ;

– ainsi que des canisites ;

– le doute quant à la pérennité des pelouses prévues,…

– absence de wc publics, hormis ceux présents à la Gare centrale, sous- sol Bourse et Dansaert ;

– demande plus de végétation, en autre à la Bourse ainsi qu’un aménagement artistique / fontaine ;

– quid kiosques de la Bourse, pourquoi doivent ils se fermer, usage ?, qui les ouvrira et les fermera ?

– manque de bancs, place de la Bourse ;

– pourquoi ne pas envisager des bancs amovibles afin de libérer l’espace lors d’événements ;

– point de vue urbanisme : devantures / esthétiques des façades pas en adéquation avec le piétonnier ;

– remarques qui reviennent régulièrement : incivilité, agressions verbales et physiques;

3.2.2

Mobilité :

– Plan circulation = Plan communal de mobilité

– > illégal au sens de l’ordonnance du 26/07/2013 « instituant un cadre en matière de planification de la mobilité et modifiant diverses dispositions ayant un impact en matière de mobilité » : selon le métropole ne respecte pas la phase test, fige le plan de circulation, vice de procédure, P.U. prématurés, besoin d’une étude d’incidences ;

– absence d’un plan de mobilité sur l’ensemble du Pentagone

– > adopter un plan de mobilité contraignant dans l’ensemble du Pentagone en collaboration avec les différents transports en commun ;

– le plan de circulation et les réaménagements sont intrinsèquement liés

– > étude d’incidences sur la zone concernée mais aussi sur les zones directement impactées par le projet (> demande de recommencer la procédure) ;

– pas d’évaluation d’impact des incidences des déviations sur la petite ceinture ;

– effectuer une étude complète sur l’accessibilité et la mobilité du centre

– ville étendu jusqu’à la petite ceinture et au-delà (parking relais) ;

– la pertinence quant à la création de nouveaux parkings (place du Marché aux Grains,…) quand InterParking a constaté une diminution de 20% de sa fréquentation ;

– absence d’une signalétique claire et efficace, les gens se perdent, ce qui engendre des embarras de circulation ;

– le piétonnier est traversé par 2 axes perpendiculaires – > dangereux ;

– le piétonnier sera aménagé en 5 couloirs : flâner, circuler, et séjourner ne traduit pas la volonté de mixité ;

– pour certains les aménagements projetés ne sont pas suffisamment réfléchis en terme de mobilité ;

– impact négatif rencontré du côté de la rue Van Artevelde, rue des Six Jetons… (concentration excessive de voiture, pollution, klaxon ; la rue est engorgée)

– > conflit avec l’habitation (les gaz d’échappement stagnent à hauteur des appartements) et avec l’école;

– Mais également les rues de Laeken, bd. Jacqmain, place Sainte-Catherine, rue Borgval Camusel, buanderie, t’Kint, Alexiens, place du Jardin aux Fleurs et alentours de Saint Géry,… ;

– Les petites rues ne sont pas faites pour absorber le nouveau flux, problème de bouchons, des vibrations à l’intérieur des immeubles quand les camions passent + difficultés pour ceux-ci de passer dans les petites rues, déviations, insécurité liées au passage d’automobilistes pressés…

– Pourquoi Anspach reste accessible aux voitures entre Plattesteen et Fontainas ?

– exposition des piétons aux engins à roues;

– le réaménagement a pour impact les nombreuses déviations (mini ring) en conflits avec des sens interdits, augmentation des distances à cause des déviations ;

– Proposition d’une signalétique claire sur le périmètre du piétonnier, la limitation d’accès taxi, verbalisations dissuasives ;

– problème de pollution (+bruit) sur le nouveau mini ring >< au bd Anspach qui respire

– > trouver un juste milieu ;

– problème de stationnement, manque d’affichage des parkings existants afin de libérer les rues du trafic lié à la recherche d’un emplacement ;

– question sur le mini ring interne et des nuisances qui en résultent soient posées, notamment en

lien avec le projet de Rambla avenue de Stalingrad ;

– sollicite une « zone de rencontre à trafic limité » plutôt que d’une « zone piétonne » comme à Strasbourg par exemple ;

– la « zone de passage » doit être élargie afin de réduire les conflits entre usagers ;

– Ecuyer : régulièrement bloqué (camions ou voitures à l’arrêt : déchargements) ;

– Chien Marin : circulation difficile, difficulté pour accéder au domicile / parking ;

– rue de la Chancellerie : à sens unique

– > demande de la remettre à double sens ;

– augmentation du trafic rue de Flandre et dans les rues adjacentes ;

– Dansaert / Nouveau Marché aux Grains, Houblon, Léon Lepage : trop de trafic (forte augmentation tant le matin que le soir), camions en double file, personnes ivres, clochards, circulation à vélos devenue dangereuse avec les automobilistes énervés ;

– problème de la boucle de desserte : problème de circulation

rallonge certain trajet ;

– les pistes cyclables/ arrêts de bus servent de quais de déchargements pour les voitures et les camions ;

– stop aux nouveaux parkings dans le centre, placer les nouveaux parkings près des stations de métro à l’extérieur du pentagone (ex. Yser) ;

– demande un comptage / étude officielle sur les parkings existants pour voir si l’offre actuelle nécessite de nouveaux parkings ;

– questionnement par rapport à l’accessibilité du centre hospitalier César de Paepe ;

– des contacts ont-ils été pris avec l’AB ? gestion des bus de tournées, … ;

3.2.2.1.

Cyclistes

– les cyclistes de manière générale demandent : maintien de bonnes conditions de circulation à vélo, aménager un axe pour eux correctement délimité, des parkings vélos sécurisés et non payants ;

– confrontation sur le mini ring des vélos et des voitures + danger cyclistes / piétons ;

– Le modèle d’arceau vélo est non-conforme aux recommandations du Vadémécum « parking vélo », le nombre d’emplacement est insuffisant ;

– Aménager des pistes cyclables de qualité sur l’axe Laeken – Van Artevelde ;

– Demande de compléments d’info par rapport aux parkings vélos : quid rampe mécanique, accessibilité jour/nuit, tarif, parking surveillé ?

– Y aura-t-il des panneaux de signalisation rappelant la limite de vitesse autorisée pour les cyclistes ? Une verbalisation ?

– améliorer la signalétique pour les itinéraires adjacents

– la suppression d’aménagements décidés récemment (ICR oubliés, passant par le centre) ICR 10 et 11

– Non mention du RER vélo qui passe par le bvd du centre ;

– inclure les accès au centre dans la réflexion en termes d’infrastructures cyclables (petite ceinture Rogier et Botanique)

3.2.2.2.

BUS / TRANSPORT EN COMMUN

– certains parcours de bus ont été modifiés, certains arrêts ont été déplacés voir supprimés, problème pour les personnes âgées et les PMR ;

– trop de lignes de bus ne desservent plus De Brouckère et la Bourse : 38, 47, 63, 88, 86, 48, 95, et 46

– offre de transports en commun insuffisants, demande des mini bus à la place des bus articulés ;

– perte d’efficacité de la vitesse des bus dans les rues perpendiculaires (mixés avec les voitures et les embouteillages qu’elles créent) ;

– la perte d’accessibilité via les transports en commun pour les navetteurs, personnes âgées, familles avec jeunes enfants… ;

– la localisation peu commode des arrêts de bus déplacés. Un report modal faisant perdre énormément de temps aux voyageurs ;

3.2.2.3.

PMR

– accessibilité PMR pas assez étudié ;

– revêtement : de manière général la pierre bleue est contestée, matériaux glissants et dangereux pour les PMR ;

– le manque d’accessibilité pour les PMR en lien avec le déplacement des terminus à

la Gare Centrale

– Aucun abri pour PMR au sein du piétonnier, le peu d’accès aisé pour ces mêmes personnes : pourquoi ne pas permettre aux

invalides, via une carte, d’accéder en voiture à ce centre ?

– Quid aménagements des abords du piétonniers pour les PMR ;


3.2.3

Environnement :


– contre l’abattage de 73 arbres qui se situent place De Brouckère ;

– Effet pervers du piétonnier : plus de trafics dans les rues adjacentes => pollution sonore sur ces rues

– Trop d’activité sur le piétonnier >< à la quiétude des habitants ;

– le piétonnier introduit indirectement la notion d’évènement sur l’espace public, il faut trouver un juste milieu entre quiétudes des habitants et animation de la Ville ;


3.2.4

Economie :


– absence de justification socio-économique ainsi que l’absence d’une évaluation écologique et d’urgence (SIAMU) ;

– le boycott du centre-ville par les habitants qui ne peuvent s’y rendre en voiture ou en transport en commun ;

– Le scindement du haut et du bas de la Ville ;

– commerces de la rue des Riches Claires : dégradation de l’environnement de travail (économie, social et sécuritaire), la rue des Riches Claires est devenue un axe de circulation, en lieu et place d’un espace pour flâner, chute du chiffre d’affaire : entre 30 à 40%, ils font remarquer qu’on fait énormément de publicité pour le piétonniers au détriment du reste de Bruxelles ; la rue des riches sera elle piétonne ? si non, les aménagements voiries prévus en 2013 et pourquoi une mpp avait été réalisée ? les commerces seront-ils pris en compte dans les aménagements projetés ;

– bd. A. Max : chiffre d’affaire en chute de 20 à 40% (pétition des commerçants) ;

– le piétonnier a engendré chez certain commerçants une chute du chiffre d’affaire ;

– demande de manière générale à la Ville de garantir une diversité commerciale avec le maintien de commerce de proximité ;

– Des clients de commerce qui pensent que le centre est une destination à déconseiller, source d’insécurité et de problème de mobilité

– La crainte d’avoir un centre monopolisé par les chaînes de distributions low-cost

– un centre dédié aux touristes uniquement
– Une signalisation à mettre en place, des itinéraires conseillés sur les médias, faire de la pub des quartiers design et de l’esprit folklorique du centre : Rétablir la vérité à contrecourant des médias ;

– Pollution visuelle des enseignes et des pubs présentes sur les boulevards > à travailler ;

– la Régie Foncière doit contribuer au maintien des commerces de proximité sur le piétonnier et ses abords – non à l’ouverture des commerces 7j/7

– le maintien de loyers à des prix respectables par un appui apporté par la Régie foncière

– Constat actuel : les commerces actuels ne se prêtent pas à la flânerie ;

– Faire attention de ne pas tomber dans le travers des zones piétonnes, à savoir concentration

de commerce de type horeca et terrasses, magasins de souvenirs, night-shop, … mono orienté vers le tourisme ;

– les problèmes générés par la circulation peuvent avoir une incidence sur la délocalisation de certaines entreprises ;

– Faire attention de ne pas tomber dans le travers des zones piétonnes, à savoir concentration de commerce de type horeca et terrasses, magasins de souvenirs, night-shop, … mono orienté vers le tourisme ;

– les horeca agrandissent leur terrasse ;

– contre la suppression des accès des véhicules motorisés privés (voitures et autocars) à proximité immédiate des établissements hôteliers ;

– selon certaines personnes : diminution de la qualité en terme de fréquentation sur le piétonnier et dans les commerces qui bordent le piétonnier.

3.2.5

Chantier

– interrogation face au lancement des travaux en voirie ;


3.2.6

Sécurité

– salubrité

– meilleure gestion de la station Bourse : insécurité et saleté ;

– le phénomène de la prostitution aurait évoluée, aussi sur le bd. Anspach… (voir avec la police si c’est vrai !?) ;

– effectuer une étude sur la sécurité dans l’ensemble de la zone de police Bruxelles

– Ixelles : abandon des différentes zones au profit du piétonnier ;

– au niveau des habitants côté Bourse : augmentation du bruit liés à des personnes ivres la nuit qui hurlent, se battent,…

– demande de manière général à la Ville de garantir : problèmes sécurités et salubrités publiques rencontrées dans la phase-test, comment seront-ils réglés dans le projet final !?

– nombreuses réactions face à la saleté des rues (déchets, urines, excréments, vomi,…)

– Problème des clochards et des marginaux qui se rassemblent sur le piétonniers + toutes les nuisances liées à ces personnes (personnes ivres, qui hurlent et problèmes d’hygiènes : urines, excréments, vomis, déchets,… ;

– Station Bourse déplorable ;

– Harcèlement en rue surtout à l’égard des filles/femmes ;

– interrogation face à certains véhicules qui peuvent stationner et circuler dans la zone piétonne

> danger piéton – cyclistes ;

– Les gens ne connaissent plus le code de la route (voitures et cyclistes) ;

3.2.7

Proposition différentes pour le piétonnier :

– proposition de limiter le piétonnier entre De Brouckère et Bourse ; partir du quartier Saint-Jacques, passer par la Bourse, pour rattraper, Chartreux, Dansaert, place du nouveau Marché aux Grains, place du vieux Marché aux grains, Sainte Catherine ; mais laisser le boulevard à la circulation ;

– faire des boulevards un centre culturel : centre de la tradition belge, œuvres d’art.

 

Quelques exemples de « Considérant que »…

– Considérant que cette période provisoire a démontré, malgré les faibles moyens mis en œuvre, et leur caractère provisoire, le potentiel que constitue cette artère pour la vie des habitants du centre-ville
– Considérant que le projet vise à améliorer la qualité de vie dans le Pentagone ; que le réaménagement, par l’installation d’un espace public qualitatif, constitue un apport important dans
l’amélioration de la qualité de vie à Bruxelles, tant pour ses habitants, les personnes qui y travaillent, que pour ses visiteurs ;
– Considérant que la circulation automobile est apaisée dans le Pentagone ;

– Considérant que les nombreuses lignes de bus de la STIB et De Lijn passant sur les boulevards ou à travers ceux-ci ont été adaptées en concertation avec les sociétés concernées de façon à assurer la desserte du bas de la ville et les abords proches des boulevards du centre.

– Considérant que la Ville de Bruxelles a organisé seule et/ou avec le demandeur, un certain nombre de rencontres en vue de communiquer avec les habitants et les institutions concernées sur les projets en cours, par exemple (liste non exhaustive) :

– des toutes boites ont été réalisés
– un centre d’information avec un numéro vert et une adresse mail spécifique a été mis en place entre mai et fin septembre 2015 ;
– affichages en espaces publics ont été réalisés ;
– la Ville a assuré une large couverture des projets dans la presse ;
– les plans ont été mis en ligne sur le site Internet de la Ville de Bruxelles ;
– un site internet a spécialement été mis en place pour expliquer le plan de circulation qui est à l’essai http://plandecirculation.be/fr;
– 20/04/2015: conférence de presse ;
– 11/05/2015: les groupes d’intérêt et les partenaires sociaux ;
– 11/05/2015: association de hôteliers de Bruxelles;
-05/08/2015: les associations d’usagers de la route et des parkings et de la police ;
– 19/05/2015: extracteurs et des événements Foule ;
– 21/05/2015: écoles ; etc…
Considérant que la Ville a organisé de très nombreuses réunions destinées à informer le public et à prendre en compte les suggestions, propositions ;

Décision de la Commission de concertation

AVIS FAVORABLE, à condition de :

1) Informer régulièrement les riverains(entreprises et particuliers) sur la réalisation du chantier et assurer en permanence la bonne accessibilité des entreprises riveraines du périmètre concerné par le projet ;
2) Permettre à la cellule Archéologie de la Direction des Monuments et Sites d’organiser un accompagnement archéologique des travaux. Le planning et les modalités sont à fixer dès réception du présent permis ;
3) Se conformer à l’avis de la CRMS émis en date du 23/09/2015 :
– matérialiser l’emprise au sol du bâtiment de la Bourse par un revêtement de grandes dalles de pierre bleue prolongeant la bordure, partiellement conservée au pied du bâtiment, qu’il conviendrait par ailleurs de compléter ;
– supprimer la superficie du « tapis » et l’aménagement au moyen de dalles de format très allongé,
comme un parquet de pierre bleue ; il y a lieu de choisir des dalles de pierre bleue homogènes, à l’échelle du bâtiment classé ;
– limiter ce revêtement de grandes dalles à l’alignement du boulevard et souligner la forme urbaine de l’îlot Bourse ; c’est en effet la lecture de l’îlot – Bourse qui doit émerger du revêtement de sol de l’espace public (le plus unitaire et le plus simple possible) ;
– supprimer par conséquent le « parvis » en pierres bleues bouchardées ;
– déplacer légèrement l’arbre prévu à l’arrière de la Bourse afin de lui assurer un maximum de visibilité à la fois depuis la rue Maus et la rue du Midi ;
-poursuivre la réflexion sur l’essence d’arbre choisie Tilia cordata sensible aux pucerons en milieu urbain ;
– pour le traitement de l’espace public situé à l’arrière de la Bourse, du côté de la rue Tabora et de la rue du Midi, également formaliser l’ilot – Bourse ;
-pour les aménagements prévus au niveau du site archéologique, prévoir une coordination avec le bureau d’étude chargé du projet de réaffectation de la Bourse ;
– pour le Grand café, à l’angle de la rue de la Bourse et du boulevard Anspach, maintenir intégralement l’espace terrasse sous l’auvent classé, ainsi que la continuité du revêtement à l’angle de la place de la Bourse et du boulevard Anspach (tout en laissant un passage aux PMR conformément au cahier de l’accessibilité piétonne) ;
4) En lieu et place du « parvis » en pierres bleues bouchardées tel que décrit dans le projet, marquer l’ancien lit de la Senne, dont l’emprise à cet endroit sera déterminée sur base des plans anciens ; ce marquage pourrait se concrétiser par une intervention artistique de qualité ; cette intervention devrait se prolonger rue Van Praet et rue P. Devaux sans constituer un obstacle à l’organisation d’événements souhaitée par la Ville ;
Rappel des mises à jours précédentes

Mise à jour 26 juin 2016

Suite à l’avis très négatif de l’Auditeur du Conseil d’Etat estimant le recours en suspension déposé par les commerçants fondé, Beliris décide de retirer les permis sans attendre les plaidoiries. La procédure devra donc reprendre à zéro.

Mise à jour 07/03/2016

Le 7 mars, deux asbl de commerçants du centre-ville ont déposé, au Conseil d’Etat, des requêtes en annulation et en suspension à l’encontre des permis d’urbanisme délivrés pour les boulevards du centre et la place de la Bourse.
Le 11 mars, des membres de la Platform Pentagone (habitants, associations environnementales et une sprl) ont également introduit un recours en annulation contre ce même permis.

Ces permis avaient été délivrés le 11 janvier dernier, au terme d’une procédure (enquête publique, commission de concertation) proche de la parodie.

21/10/2015

NOTE JURIDIQUE de Marie-Anne Swartenbroekx, conseil juridique indépendante et l’essentiel de son intervention, lors de la commission de concertation du 14 octobre 2015.

Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu des commentaires parvenus au Service d’Urbanisme de la Ville de Bruxelles dans le cadre de l’enquête publique sur le piétonnier (Bourse et boulevards centraux).

Pour rappel, la Ville avait reçu, à cette occasion, 305 réactions, dont 6 pétitions (1 pétition de 73 signatures, 1 pétition de 11 signatures, 1 pétition de 25 signatures, 1 pétition de 41 signatures, 1 pétition de 13 signatures et pétition de 29 signatures). Soit près de 500 personnes au total.

Malgré l’importance de ces réactions et les très nombreux arguments qui y sont développés, la Commission de concertation a rendu un avis favorable unanime et transmis le dossier au fonctionnaire délégué de la Région bruxelloise, chargé de délivrer le permis.

Le compte-rendu complet de la commission de concertation est téléchargeable ICI




Un point sur l’actualité du piétonnier

Depuis le mois de juin 2016, suite au retrait des permis d’aménagement du piétonnier, l’actualité est en stand-by. L’occasion de faire le point pour tenter de s’y retrouver sur le volet juridique de ce dossier (de plus en plus) complexe.

  1. Les recours

1.1. Recours en annulation contre le plan de circulation (déposé fin janvier 2015 par l’ARAU, IEB, BRAL et 8 habitants)

Selon l’Auditeur, le vote au Conseil communal ne constitue pas un acte juridique attaquable devant le Conseil d’Etat qui serait donc incompétent dans ce dossier. L’arrêt est attendu pour la fin novembre-courant du mois de décembre.

1.2. Recours en annulation contre les permis d’urbanisme (déposé début mars 2016 et relatifs à l’aménagement du piétonnier par l’ARAU, IEB et 5 habitants)

Parallèlement, un recours en suspension avait été déposé par 2 associations de commerçants du centre. Suite à l’avis très négatif de l’Auditeur, les permis d’urbanisme ont été retirés fin juin. Les principales raisons retenues par l’Auditeur :

– les permis reposaient sur 18 ordonnances de police temporaires

– la légèreté du rapport d’incidences

1.3 Recours en annulation contre le nouveau plan de circulation (déposé début janvier 2017 par IEB, deux habitants et une sprl s’occupant de questions de patrimoine)

 

  1. Prochaines étapes pour les Pouvoirs publics

La procédure de demande de permis est à refaire tenant compte de l’avis de l’Auditeur. Le Collège de la Ville de Bruxelles a du s’atteler en priorité à la question des 18 ordonnances « temporaires ».

Début juillet, il a adopté les changements de circulation des rues et transmis le dossier à la Commission de Consultation de la Circulation Routière. Ce dossier sera transmis au Ministre régional des Transports, Pascal Smet, pour approbation.

Quant aux nouveaux dossiers de demande de permis, ils sont actuellement retravaillés en profondeur par Beliris (Fédéral). Les dossiers, préparés initialement par la Ville de Bruxelles, semblent avoir été particulièrement bâclés. Les nouvelles demandes sont attendues au plut tôt pour fin 2016, début 2017 et seront suivies d’une enquête publique et d’une commission de concertation.

A suivre…




Barcelone mise sur la décroissance touristique

Alors que Bruxelles mise sur une intensification du tourisme de masse, la ville de Barcelone, devenue invivable dans certains quartiers, emprunte le chemin inverse sous l’impulsion de la société civile et d’Ada Colau, activiste du droit au logement et porte-parole du mouvement contre les expulsions, à la tête de la ville depuis bientôt deux ans.

LE MONDE du 14.02.2017 Par Sandrine Morel (Madrid, correspondance)

Le calme règne dans la cafétéria de l’Ateneu, située non loin des célèbres ramblas de Barcelone, l’avenue continuellement prise d’assaut par des hordes de touristes. Et pour cause. Pour y entrer, s’installer dans ses confortables fauteuils ou profiter de son paisible jardin en plein cœur de la ville, il faut être membre. Trente euros de cotisation par mois, c’est ce qui lui en coûte à Teresa Picazo, membre de l’Assemblée des quartiers en faveur d’un tourisme durable (ABTS) pour se sentir chez elle, dans son quartier du Gotico, où logent aujourd’hui autant de touristes que d’habitants.

L’ABTS, née il y a deux ans, ne mâche pas ses mots pour dénoncer la transformation de Barcelone en un « parc à thèmes », ou critiquer le « tsunami touristique » qui s’est aggravé ces dernières années avec l’apparition de plates-formes de location d’appartements privés. « Nous nous battons pour la décroissance touristique et une révision de l’offre touristique, résume Mme Picazo. Nous ne pouvons plus supporter de voir le centre-ville se vider de ses commerces de proximité et de ses habitants. »

Le Gotico est le premier quartier de Barcelone où l’augmentation du tourisme a fait baisser le nombre d’habitants, de 8 % en quatre ans, selon les travaux du démographe de l’université autonome de Barcelone, Toni Lopez. Teresa, qui a renoncé à faire ses courses dans le marché traditionnel de la Boqueria, où les primeurs et bouchers d’antan ont été largement remplacés par des stands de restauration sur le pouce pour touristes, se plaint aussi du bruit à toute heure de la nuit et de la saleté qui a envahi les rues les plus prisées. Elle n’est pas la seule. Le tourisme est devenu la deuxième « préoccupation » des habitants de la ville, derrière le chômage, selon un baromètre publié en janvier.

L’attrait touristique de Barcelone n’est pas nouveau. Après l’organisation des Jeux olympiques de 1992, la ville côtière s’est transformée en un pôle d’attraction : la mer et le soleil, associés aux merveilles architecturales de Gaudi, à ses vieux quartiers et des prix bas en ont fait une destination phare en Europe. De 187 hôtels recensés en 2000, Barcelone est passée à 328 en 2010 et 426 en 2015, accueillant 8,3 millions de touristes par an. A cela s’ajoutent les pensions, les auberges et surtout, ces dernières années, les appartements touristiques – plus de 9 700 officiellement recensés, auxquels s’ajouteraient au moins 6 000 appartements illégaux selon la mairie. Sans compter les visiteurs, croisiéristes ou touristes logés dans les environs, qui ne viennent que pour la journée. Barcelone, premier port de croisière d’Europe, voit débarquer jusqu’à 30 000 personnes sur les ramblas en une seule journée. Au total, 34 millions de personnes visitent Barcelone chaque année.

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Fermeté

Augmentation brutale des prix des loyers, dénaturalisation des quartiers, perte de qualité de vie pour les habitants ont accompagné le phénomène. D’autres villes d’Europe souffrent une situation plus ou moins similaire. Mais la différence majeure est la fermeté avec laquelle la mairie a décidé de s’attaquer au problème. Au pouvoir depuis mai 2015, la plate-forme citoyenne Barcelone en commun, menée par l’ancienne activiste du droit au logement Ada Colau, a fait de la lutte contre le tourisme de masse son cheval de bataille.

Dès son arrivée au pouvoir, elle a dicté un moratoire interdisant la concession de nouveaux permis d’ouverture d’établissements hôteliers, le temps d’étudier l’impact du tourisme sur la ville, les services, la pollution, la propreté et les dépenses publiques. En parallèle, elle a lancé un ambitieux plan de lutte contre les appartements touristiques illégaux, augmentant les amendes et les contrôles, grâce à un corps d’inspecteurs dédiés à la chasse aux fraudeurs et à un appel à la population à dénoncer les appartements illégaux.

« Ces six derniers mois, nous avons ordonné la fermeture d’un millier d’appartements touristiques illégaux », résume au Monde Janet Sanz, conseillère municipale en charge de l’écologie, l’urbanisme et la mobilité, qui en décembre dernier, a imposé une amende de 600 000 euros à Airbnb pour la promotion des appartements sans permis touristique. Le 7 février, Airbnb a proposé de limiter les annonces à une par propriétaire dans Barcelone. Refus catégorique de la mairie, qui estime qu’aucune publicité ne doit être faite pour des appartements sans licence touristique.

Le 28 janvier, la municipalité est allée encore plus loin en approuvant le Plan spécial urbanistique de logements touristiques (PEUAT) 2016-2010, avec comme but affiché la décroissance touristique. « Une décision inédite au monde », soulignent les experts en planification du territoire.

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« Obstacles bureaucratiques »

Le PEUAT divise la ville en quatre zones. Les plus courues ne verront plus un seul hôtel ouvrir ses portes, même pas pour remplacer les établissements qui fermeraient. Dans les zones adjacentes, ne sont autorisées de nouvelles ouvertures que pour remplacer l’offre déjà existante. En périphérie, la mairie autorise la création de 4 000 places hôtelières. De quoi provoquer la grogne du secteur.

« Barcelone n’a pas un excès de touristes, tranche Manel Casals, président du syndicat hôtelier de Barcelone, qui se targue d’un taux d’occupation moyen de 80 % à 95 % pour les établissements de la ville. Le problème réel est l’apparition, ces cinq dernières années, de 10 000 appartements touristiques légaux et autant d’illégaux. Cela représente 100 000 places hôtelières de plus, qui ne sont pas surveillées, encore moins encadrées, et provoquent des problèmes de cohabitation avec les habitants. Il faut être ferme avec cela. Mais limiter un secteur d’activités comme le fait la mairie porte préjudice au développement de la ville. »

Le secteur déplore les « victimes » de cette politique, comme la chaîne Hyatt, qui a renoncé en janvier à ouvrir un hôtel dans la tour Agbar, du fait des « obstacles bureaucratiques » posés par la mairie. L’an dernier, c’est le groupe Four Seasons qui a renoncé à son projet d’ouvrir un hôtel dans le quartier de Gracia, où la pression touristique est « pourtant peu élevée », souligne M. Casals, qui craint que l’image « d’insécurité juridique » ne limite les investissements dans la ville. C’est une marque prestigieuse qui allait créer 300 emplois directs et autant d’emplois indirects. L’édifice va devenir un immeuble d’appartements de luxe. Qu’y gagne la ville ? Si nous n’orientons pas le flux touristique, ce dernier ne cessera pas pour autant, ce sera simplement un type de tourisme que nous n’aurons pas choisi… »

 

« Mesures absurdes »

Assis à une table du salon de thé de l’hôtel Praktik Bakery, dans le quartier de l’Ensanche, José Maria Trénor, directeur général de cette chaîne hôtelière, qui compte six établissements à Barcelone, est fier de la façon dont il a intégré l’hôtel dans la vie de quartier : il a fait venir l’une des boulangeries les plus cotées de Barcelone, le Forn Baluard de la Barceloneta, pour qu’elle ouvre une succursale dans le hall de l’hôtel. Dans la queue qui s’étend jusque sur le trottoir, des voisins et des travailleurs se mélangent à quelques visiteurs étrangers. Pour lui, cette association entre un commerce de proximité et le développement touristique peut fonctionner.

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« Les mesures radicales de la mairie contre les hôtels sont absurdes, critique-t-il. C’est de la démagogie. Le mouvement contre le tourisme est né à la Barceloneta, où il n’y a aucun hôtel mais de nombreux logements touristiques illégaux. »

M. Trénor est l’une des bêtes noires de la mairie. Son projet d’hôtel en bas des ramblas, face aux Drassanes, les chantiers navals royaux du XIVe siècle, n’a pas pu être paralysé. Au moment où la mairie a prononcé le moratoire sur les permis hôteliers, il avait déjà le sien en poche. Il ne lui manque que la signature au bas du permis de chantier pour commencer la construction. Elle traîne depuis plus d’un an et demi. Mais, pas question de se décourager comme l’ont fait les investisseurs de la Torre Agbar.

« Je ne vais pas abandonner », dit-il. Il a déjà déposé une « réclamation patrimoniale » pour exiger un dédommagement. « Chaque mois qui passe, ce sont 450 000 euros que je ne gagne pas, assure-t-il. Et les voisins sont favorables à mon hôtel. La gentrification n’est pas un phénomène nécessairement négatif. L’arrivée des hipsters peut permettre de moderniser certains quartiers… »

Le terrain vague où est prévu son projet hôtelier de 200 chambres réparties sur deux édifices, se trouve face à une « salle de shoot », dans une zone défavorisée. Des modestes immeubles de briques bordent la rue. De plusieurs fenêtres pendent des pancartes : « Sauvons les Drassanes. Non à l’hôtel. »

« Dans cette zone, nous avons besoin de bureaux et de logements sociaux, pas d’hôtels, explique Janet Sanz à la mairie. Nous lui demandons simplement d’inclure dans son projet un de ces deux éléments. Nous devons prendre garde : si la ville devient un parc thématique, elle perdra son intérêt pour les touristes aussi. »


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